Acquisition de vaccins au profit du ministère de la santé: Le mutisme coupable de Issifou Takpara

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Alors que le dossier Cen-Sad n’a pas encore fini de faire des vagues, une autre affaire de magouille éclate cette fois-ci au ministère de la santé. Il s’agit de l’acquisition de vaccins qui oppose la direction nationale des marchés publics (Dnmp) et la commission nationale de régulation des marchés publics (Cnrmp).
Au début de cette affaire, il est apparu qu’au dépouillement des dossiers à l’issue des adjudications, deux sociétés ont été retenues. Il s’agit de Pharmafrique et de Vaccipharma. Alors que la première a été déclarée adjudicataire au cours de l’étude des propositions des offres, il a été relevé par la suite que celle-ci n’a pas les compétences requises pour l’acquisition des vaccins anti méningococcies A+C. C’est dans cette situation que la société Vaccipharma a été contactée de nouveau avec pour condition préalable de revoir à la baisse le coût de son offre financière. Cette procédure a donné lieu à une guéguerre entre les deux sociétés qui apparemment ne semblent pas se retrouver dans le schéma adopté. Pour la même affaire, la direction nationale des marchés publics et la commission nationale de régulation des marchés publics adoptent des points de vue divergents. En effet, le 13 mai 2009, le directeur national des marchés publics a donné son avis favorable pour l’attribution du marché à Vaccipharma par le jugement N° 802/Mef/Sgm/Sp. Cette décision a été entérinée par le Conseil des ministres le 31 juillet 2009. On en était là, quand le président de la commission nationale de régulation des marchés publics constate qu’il y a des irrégularités dans l’attribution du marché. Le citoyen dans ces conditions se demande ce qui a bien pu se passer. La société Pharmafrique n’a-t-elle vraiment pas la compétence ou l’expérience requise ? La société Vaccipharma aurait-elle bénéficié de quelque largesse ? Ou bien, est-elle réellement compétente selon les normes de l’Oms évoquées ? En tout cas, les Béninois sont inquiets car ce dossier porte certains traits caractéristiques assimilables au dossier Cen-Sad qui se trouve actuellement sur le tapis. Cette affaire dont les racines se trouvent au ministère de la santé est délicate car un cadre du ministère dans une saute d’humeur aurait affirmé au cours des travaux que la société Pharmafrique avait livré par le passé des produits d’origine douteuse. Le ministre de la santé Issifou Takpara doit personnellement s’impliquer dans ce dossier pour éclairer l’opinion et situer les responsabilités. L’obligation de rendre compte se retrouvant en bonne place dans la charte du gouvernement exige que l’on sache ce qui s’est réellement passé.

Odi I. AÏTCHEDJI
Journal 24 HEURES AU BENIN 17/08/09
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Publié dans Politique nationale

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