''Comme je le pense'' Les " ânes " à la rencontre d'un "ange"

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

La rumeur s’enfle depuis quelques jours, rumeur selon laquelle Boni Yayi fera dans les tout prochains jours son 11ème remaniement y compris les réaménagements techniques. Dans cette perspective, beaucoup de hauts cadres sont déjà sollicités pour entrer dans le prochain exécutif. Nombre parmi eux sont dans un véritable dilemme entre décliner l’offre et accepter. Et pour cause.
Après trois ans de gestion, les cadres apolitiques ou non ont déjà fait l’amère expérience du mode opératoire du chef de l’Etat. Quand, ils sont loin de lui, il leur voue une certaine considération pour leurs fulgurances. Mais, une fois qu’ils mordent à l’appât gouvernemental, il les traite comme un vulgaire chenapan.
Au début, il les interpelle, quelques mois après, il les foudroie pour enfin les extermine. Des cadres émérites qui se promenaient à grands pas dans la cité, une fois au gouvernement ont été contraints de s’adapter à la petitesse de la chapelle du Changement et non à la dimension territoriale de la cité. Mieux, on leur a fourni des idées de crétins. Ce qui fait que les principes de la cité comme un miroir n’ont reçu que les reflets rugueux et rouillés des préceptes du Changement tandis que la lumière normale que les rayons du soleil doivent darder, donne de l’autre côté.
Au bout du rouleau, les cadres qui acceptent de travailler avec le régime actuel sont « clonés » et s’adaptent au lavage de cerveau. Ce n’est pas surprenant car, quand quelqu’un a parlé, qui doit braire ? C’est en cela qu’on pourrait dire que des « ânes » ont rencontré l’« ange ».
D’autres se rendent compte que c’était une erreur d’avoir travaillé sous le Changement qui est une production bornée et stérile alors qu’en acceptant d’aller au gouvernement de Boni Yayi, leur souci est de laisser à la postérité, un programme en non d’être un balancier qui imprime l’effigie royale. Résultat, trois ans après, la faculté du régime du Changement de percevoir sur un mode inhabituel est trop grande. Ce qui a poussé dans la pauvreté, la majorité des Béninois.
Si les intellectuels sont les grands perdants dans leur collaboration avec Boni Yayi, ce dernier malheureusement l’est également. C’est cela la politique. Elle vous trace un chemin droit mais, si vous préférez prendre des chemins tortueux, c’est à vos dépens. En faisant appel à un grand nombre de cadres pour un gouvernement pléthorique, le chef de l’Etat ne fait qu’augmenter les charges alors qu’on se rend à l’évidence que la misère de son peuple n’a pas été endiguée.
Face à cet état de chose, que doivent faire les cadres dans la perspective du prochain remaniement. Doivent-ils récuser l’appel du chantre du Changement ou répondre à l’invite de la Nation ? Question à qui de droit.

TF
Journal LE GRAND JOURNAL 19/08/09
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Publié dans Politique nationale

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