Opinion : La bible et Socrate contre Thomas Boni Yayi

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

« To o do gbi gbà wè » ; il y eut un petit silence et il ajouta d’une voix très fatiguée : « To o gbà … Olympe, je te connais, je sais que tu ne baisseras jamais les bras. »
« To o do gbi gbà wè » ; il y eut un petit silence et il ajouta d’une voix très fatiguée : « To o gbà … Olympe, je te connais, je sais que tu ne baisseras jamais les bras. » Cardinal Bernardin GANTIN
Le président a de fortes lacunes culturelles qu’il ne reconnaîtra jamais, mais dont une des conséquences est son incapacité à diriger le pays ; je ne vais pas rouvrir Protagoras ; j’invite néanmoins les intellectuels et leaders politiques du Bénin à lire ou à relire cet ouvrage dans lequel Platon rapporte de son Maître Socrate le fait que voici : en ironisant, Socrate félicite les Athéniens qui savent de leurs sciences de constructeurs de navires et d’édifices, etc., parce qu’ils avaient appris à leurs métiers ; mais ces excellents techniciens pensaient pouvoir administrer et diriger la cité sans avoir été formés à cet art.
Nous voilà dans le domaine de la politique de l’échec ; la Politique, le gouvernement de la Cité est un art, voire le Grand Art dont les normes avaient été prescrites avant Machiavel. Or, Monsieur Thomas Boni Yayi , président de la République du Bénin, n’avait jamais exercé de mandat électif dans le pays qu’il a été, hélas ! élu pour diriger ; avoir été un bon banquier ne suffit pas pour administrer un pays ; vouloir pallier l’incompétence par l’achat des consciences et les prébendes génère la dictature et l’oppression . Le peuple regimbe. Il faut donc que, les mains nues, avec les syndicats, les travailleurs, la population béninoise tout entière s’insurge contre les méthodes d’un tel homme.
Voici que me vient à l’esprit un ouvrage acquis en 1954 ; je le rouvre à un passage que le président Thomas Boni Yayi n’appréciera pas, bien que les jonctions viennent de la Sainte Bible ; pas celle des évangélistes mais de l’Ancien Testament auquel se référait Jean Jaurès :
« C’est dans la lecture de la Bible, traduite partout en langue vulgaire, que les peuples apprendront à penser, dans la Bible batailleuse et âpre, toute pleine des murmures, des cris, des révoltes d’un peuple indocile dont Dieu, même quand il le châtie et le brise, semble aimer la fierté, dans cette Bible où il faut que les chefs, même prédestinés, persuadent sans cesse les hommes et conquièrent, à force de services, le droit de commander, dans ce livre étrangement révolutionnaire où le dialogue entre Job et Dieu se continue de telle sorte que c’est Dieu qui a l’air d’être l’accusé, et de ne pouvoir se défendre contre le cri de révolte du juste que par le tapage grossier de son tonnerre ; dans cette Bible où les prophètes ont lancé leurs appels à l’avenir, leurs anathèmes contre les riches usurpateurs, leur rêve messianique d’universelle fraternité, toute leur ferveur de colère et d’espérance, le feu de tous les charbons ardents qui brûlèrent leurs lèvres. C’est ce livre farouche que la bourgeoisie industrielle a mis aux mains des hommes, des pauvres travailleurs des villes et des villages, de ceux-là mêmes qui étaient ses ouvriers ou qui allaient le devenir, et elle leur a dit : Regardez vous-mêmes, écoutez vous-mêmes. Ne vous abandonnez pas aux intermédiaires. Entre Dieu et vous la communication doit être immédiate. Ce sont vos yeux qui doivent voir sa lumière. C’est votre esprit qui doit entendre sa parole. »

Par Olympe BHÊLY-QUENUM
17/08/2009 Jean Jaurès. L’Armée Nouvelle ( cf. page 370-371.) Edition populaire l’Humanité. Paris 1915
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