Mauvaise gestion de la crise au MTFP : Le président cautionne-t-il les machinations de Aguiar ?
La crise que traverse le ministère du Travail et de la fonction publique a pris une autre tournure depuis le lundi 17 août 2009 dernier. C’est suite à une manœuvre compromettante du ministre Aguiar, de sorte qu’on se demande s’il n’a pas la bénédiction du chef de l’Etat dans ses agissements qui frisent de la turpitude.Par note n° 515/MTFP/DC/SP-C, le ministre Kint Aguiar du Travail et de la fonction publique (MTFP) vient de réquisitionner 22 agents pour remplacer systématiquement des travailleurs de ce département qui sont en grève. C’est ce qui a enfoncé davantage l’épée dans la plaie pourrie par les mouvements de grèves perlées au MTFP.
En effet, les travailleurs regroupés au sein du Syntra-MTFP, du Synatra-MTFP et du Synacat exigent depuis des mois et sans délai, la délocalisation pure et simple de leur ministère de son actuel site. C’est conformément à la disposition de son relevé n°13/PR/SGG/REL du Conseil des ministres du 9 avril 2008.
Ce conseil des ministres avait demandé au ministre du Travail et de la fonction publique, de déterminer avec son homologue en charge de l’Economie et des finances, les modalités d’aménagement des anciens bâtiments du ministère des Affaires étrangères, de l’intégration africaine, de la francophonie et des Béninois de l’extérieur en vue du relogement rapide des services du MTFP. Ce qui n’a pas été fait jusqu’à présent.
C’est d’ailleurs ce qui a conduit les travailleurs à adresser une lettre ouverte au président de la République le 10 août 2009. Selon cette lettre, les rapports de la Direction nationale de la protection sanitaire et du ministre de l’Environnement et de la protection de la nature sur la Société des ciments du Bénin, qui fait corps avec leur ministère, indiquent d’une part que « l’usine de la Société des ciments du Bénin pose un problème de pollution atmosphérique avec comme impact des maladies respiratoires de types obstructifs… ».
D’autre part « la Société des ciments du Bénin est une unité industrielle qui de par ses activités pollue énormément en émettant dans la zone d’implantation et dans les milieux environnants des poussières de ciment… dont l’exposition présente des risques pour la santé humaine. On peut citer entre autres risques, les lésions graves et parfois irréversibles de la peau et des yeux, les brûlures chimiques, la cécité, la lésion des voies respiratoires et digestives. On note également les dermatites, l’irritation du nez, de la gorge, des poumons et de la silicose qui est une maladie pulmonaire gravement invalidante et mortelle… ».
Ayant été à plusieurs reprises victimes de ces maux que certains d’entre eux continuent de trimballer, les travailleurs ont décidé de durcir le ton afin que justice soit faite. Mais au lieu de mettre les bouchées doubles pour décanter la situation en délocalisant le département, le ministre Kint Aguiar n’a trouvé autre solution que faire remplacer les travailleurs grévistes par d’autres agents, afin de condamner les travailleurs à l’intoxication par les poussières du ciment.
Tout ceci se passe au front et à la barbe du chef de l’Etat qui ne dit rien. Même si c’est le ministre d’Etat, Iréné Koupaki qui a présidé le Conseil des ministres qui a donné des instructions favorisant la délocalisation du MTFP, cette décision engage le chef du gouvernement Boni Yayi qui devait normalement veiller à son exécution.
Mais, il n’y a eu rien de concret depuis 16 mois. Ce silence coupable du président de la République face aux machinations de son ministre Kint Aguiar écœure et ondule de la complicité.
HH
Journal LE GRAND JOURNAL 19/08/09
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