Gratuité de la césarienne au Bénin : Une décision qui s'exécute à compte goutte

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Plusieurs mois après la prise de la décision gouvernementale concernant la gratuité de la césarienne, c’est seulement en début de semaine que les établissements hospitaliers réquisitionnés ont reçu le premier lot des cinq éléments qui doivent permettre de réellement lancer et ce définitivement ce projet qui dans son exécution devrait soulager les pauvres femmes enceintes. Le lot de soluté donné n’est qu’un petit pas dans l’atteinte de l’objectif. Quel est le sort qui est réellement réservé à ce projet développeur quand on sait que plus d’un an après cette décision, rien de concret n’a vraiment été fait ?
La gratuité de la césarienne agité depuis des mois dans notre pays par le gouvernement du changement peine toujours a rentré dans sa réelle phase active. Plusieurs mois après le débarquement du gouvernement du père géniteur de ce projet qui n’est rien d’autre que l’ex ministre de la santé Kessilé Tchalla, tout semble ressemblé à de la déroute. Un lancement annoncé et puis après, plus rien. Des populations qui semblent être dupées et emportées par les effets d’annonce d’un projet presque mort-né, se sont rendues à l’évidence de ce que le gouvernement s’amuse avec leur mieux-être.
Plus d’un an après, l’état des lieux est ce que la pauvre femme enceinte observe quand elle se rend désespérée dans les salles d’accouchement ; aucune mesure idoine n’est prise pour s’assurer qu’elle pourra donner la vie sans être emportée par des complications. Le début de la semaine qui s’écoule a constaté une pseudo distribution de solutés à des hôpitaux comme le CNHU, l’Homel et d’autres centres privés engagés dans le processus.
C’était une opération de charme à grand renfort médiatique. Si ce premier pas est à saluer, il est néanmoins important de signaler que cela a forcement mis du temps avant de se sentir. On nous dira peut être que mieux vaut tard que jamais ; certes, on le concède mais l’autre chose que le gouvernement a oublié de nous dire est le délai qui est imparti aux structures en charge du projet quant à la satisfaction des autres éléments qui semble-t-il, sont nécessaires pour la survie du projet. Si cette parenthèse est importante, il y a une autre qui n’est pas non moins importante.
Le choix des centres privés n’est pas ce qui retient forcement l’attention mais la non vulgarisation de ces sites est ce que les populations ne comprennent pas. Quelle est la catégorie de personnes indiquées pour l’aventure dans ces centres privés ? Quelles sont les modalités d’usages pour avoir accès à ces centres ? Il se passe quelque chose de paradoxale dans l’exécution de ce projet.
La prise d’une telle décision est à ma foi, pour aider les populations qui vivent dans la précarité et pour des besoins de reproduction ne peuvent s’empêcher de procréer. Pourquoi le gouvernement se refuse de mettre en place un plan de vulgarisation afin de permettre aux populations cibles d’être les réelles bénéficiaires ? Cette attitude du gouvernement semble inspirer une réflexion. Moins les populations se rendront dans les centres pour se faire enregistrer sur la liste des bénéficiaires, plus le gouvernement aura des arguments à exhiber pour montrer l’efficacité du projet. Cela s’appelle simplement de la duperie au sommet de l’Etat.

LH
Journal LE GRAND JOURNAL 21/08/09
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Publié dans Politique nationale

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