Réalisme et exigences des femmes du marché Tokpa
Pour beaucoup, ces dames de Tokpa ne sont rien d’autre que la claque des réunions mondaines. Tous les sollicitent, les courtisent ? En son temps, elles avaient accompagné de leurs slogans la « révolution démocratique et populaire ». Souvent dans la spontanéité et parfois aussi sous l’égide des Comités de défense de la révolution. Ces fameux CDR qui quadrillaient les entreprises et les sociétés.La sympathie et les faveurs de Tokpa n’ont pas fait défaut au Renouveau démocratique. D’abord avec Vidolé de Mme Rosine Soglo, celle qui a su à temps et avant le temps des micro-crédits percevoir la misère qui se cachait derrière la bonhomie et la bravoure de ces petites commerçantes. Elle a su leur tendre la main secourable. En retour et pendant longtemps, elles ont chanté à la gloire de la Renaissance du Bénin, le parti des Soglo.
Avec le régime du changement, elles ont appris à faire des infidélités ? Comme tant de Béninois, elles aspirent au changement? Un changement, qui malheureusement se fait toujours attendre. Trois ans après l’élection de celui qui est supposé l’incarner l’«apporteur de prospérité et de développement ».révélé en grandeur nature la mesure des mutations qui s’opèrent silencieusement dans le grand souk béninois. Au contraire de leur naïveté proverbiale, les femmes du marché parlé haut et sans détours. Elles ont dit leur détresse comme leur déception. Il n’y a pas une fatalité de la crise. Elles veulent davantage de sollicitude et des solutions selon la mesure de leur détresse.
Seront-elles entendues ? Madame le ministre a pris note. Même plus qu’elle n’a parlé. Mais elle sait que face à la crise, il faut aujourd’hui entreprendre quelque chose et circonscrire le mal au plus tôt. On ne pourra continuer de parler de la crise comme s’il s’agissait d’un esprit, quelque chose d’insaisissable. La crise, les petites gens la connaissent et la vivent dans leur chair, dans leur âme et désirent , on s’en doute, des solutions concrètes, des solutions qui changent leur vécu et leur redonnent la dignité aux yeux de leurs enfants et de leur entourage.
Le président Boni Yayi a certainement lu quelques fiches sur l’humeur de ces femmes de Tokpa. Lui qui affectionne la compagnie de celles qui, pour peu de libéralités, applaudissent à rompre les phalanges ;il a préféré laisser Madame le ministre occuper les premières loges. Il sait qu’il n’y a pas de solution en vue.Il a voulu simplement remplir un vide communicationnel. Malgré tout, il se doit de parer au plus pressé et faire quelque chose?Lui qui scrute l’horizon. 2011 oblige !
Philippe Hado
Journal NOUVELLE EXPRESSION 20/08/09
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