Palais de la République : Quand le mensonge règne au sommet de l'Etat
Depuis 2006, le management du régime du Changement inquiète plus d’un. Des personnalités de la société civile, des parlementaires et autres citoyens n’ont cessé de critiquer l’amateurisme caractéristique de nos gouvernants. Trois ans après, ce constat au lieu de s’améliorer va du mal en pis au point où dans la première administration de notre pays, le Palais de la présidence de la République qui devait servir de modèle à la reforme administrative, s’entretient le mensonge et la confusion.Même si le peuple refuse de se résigner, il faut remarquer qu’il ne s’étonne plus de la précipitation et de la navigation à vue à lui imposées par le régime de Boni Yayi. L’une des toutes dernières illustrations de cet état d’âme populaire est le désintérêt des Béninoises et Béninois suite à l’annulation de l’arrêté du ministre de l’Agriculture par son intérimaire.
On en était là quand la semaine dernière, il s’est produit au Palais de la présidence de la République, un événement qui vient détériorer davantage l’image fortement entaillée du régime né le 6 avril 2006.
Le secrétaire général du gouvernement du Bénin, Edouard Ouin Orou, (le Claude Guéant du Bénin) a signé un communiqué très hostile à l’ancien président de la République, Nicéphore Soglo. Ce brûlot s’est révélé un amas de mensonges. En effet, le Palais a imputé de manière injustifiée au président Soglo et à la présidente Rosine Soglo, des propos qui seraient agressifs à l’égard du chef de l’Etat, propos qu’en réalité ils n’ont jamais tenus au cours de leur récente tournée politique.
Dans ce communiqué, le gouvernement a même informé l’opinion que Léhady Soglo, fils de Nicéphore et Rosine Soglo a appelé depuis l’extérieur les services de la présidence pour présenter des excuses relatives aux déclarations de ses parents. Ce que le premier adjoint au maire de Cotonou a formellement démenti.
La récidive et l’intolérance
La publication dans la presse de ce fameux document a étonné l’opinion nationale et internationale. Elle a rappelé les attaques verbales sur les ondes internationales de l’ancien ministre, porte-parole du gouvernement, Alexandre Hountondji et celles de l’ancien secrétaire général du gouvernement, Victor Topanou.
Pourquoi le régime de Boni Yayi manque-t-il tant de respect pour les doyens de la politique béninoise ? Le président de la République et son staff n’ont-ils pas tiré leçons des plumes laissées lors de leurs différents assauts contre les pères de notre démocratie ? Ces questions étaient partagées par des avertis observateurs de vie politique du Bénin.
En effet, il faut remarquer que le régime du Changement et son chef qualifié « d’émotif » par le premier vice président de l’Assemblée nationale, et ses thuriféraires montre des signes d’intolérance vis-à-vis de toute critique. Les exemples sont légions.
Rosine Soglo Vieyra, Nicéphore Dieudonné Soglo, les citoyennes et citoyens, n’ont-ils pas le droit d’exprimer leurs inquiétudes face la gouvernance minable de la République du Bénin ? Sous Yayi, c’est un crime et chaque fois que quelqu’un stigmatise le pouvoir, il devient une cible. C’est à croire que pour les « Yayistes », la liberté et la diversité d’opinion n’existent pas.
Réaction bancale et révélatrice de Ouin Orou
C’est donc dans cette logique du régime du Changement que le secrétaire général du gouvernement a réagi au nom du gouvernement. Mais ce qui est grave dans cette réaction de la présidence de la République, c’est qu’on découvre que le mensonge règne en maître dans la gestion des affaires publiques.
La façon dont le gouvernement représenté par la directrice de cabinet du président de la République, Brun Hachémé et le secrétaire général du gouvernement, Edouard Ouin Orou signataire du communiqué mensonger et son adjoint se sont précipités moins de 24 heures après la publication du brûlot chez les Soglo pour se confondre en excuse appelle deux interprétations.
La première gravissime, c’est qu’à la présidence de la République du Bénin, les collaborateurs directs de Boni Yayi, cabinet, secrétariat général, service des renseignements, cellule de communication n’ont pas la maîtrise de l’agenda informationnel, ou bien rédigent des rapports erronés au chef de l’Etat. Cette thèse est corroborée par les mensonges déconcertants attribués au couple Soglo.
Là où il faut signaler le peu de sérieux et l’incompétence du régime de Boni Yayi, c’est que ce communiqué qualifié aujourd’hui de « pirate » par les jeunes de la majorité présidentielle désigne le premier adjoint au maire de Cotonou comme l’un des vice présidents de la RB alors qu’aucun des deux fils Soglo n’occupe ce poste dans l’appareil du parti.
Admettons que le fils des Soglo ait appelé effectivement. Est-ce que dans un Etat qui se respecte et qui est bien organisé, c’est des choses à révéler. En tout cas, les collaborateurs actuels du régime du Changement doivent savoir garder leur langue et ceux qui seront tentés de le rejoindre savent désormais à quoi s’en tenir. Enfin le ridicule, c’est qu’on avance aujourd’hui que c’est un communiqué qui a échappé au circuit administratif et qui n’était pas destiné à être publié. Çà s’amuse au Palais.
L’autre aspect très plausible de ce courrier est que ce n’est pas la première fois que le pouvoir de Boni Yayi s’en prend aux personnalités dans les mêmes conditions sauf que cette fois-ci, au lieu de déclarations audiovisuelles, le régime du Changement a opté pour un communiqué écrit.
Et si malgré que le secrétaire général du gouvernement ait précisé dans son fameux papier que c’est au nom du gouvernement, qu’on revienne encore pour dire que Boni Yayi, président de la République, chef d’Etat et chef du gouvernement n’est pas au courant, franchement, c’est que le régime qui est en décadence.
Romain L. KIKI
Journal LE GRAND JOURNAL 31/08/09
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