Vie des partis politiques : L’Undp de Emile D. Zinsou minée par une guerre de leadership

Publié le par MJPAC-ABT

Le parti Union nationale pour la démocratie et le progrès fondé par le patriarche Emile D. Zinsou traverse actuellement une profonde crise de leadership qui risque bien de lui être fatale. Après son 6è conseil national  tenu le 21 février 2009 à Bohicon, cette formation politique peine à retrouver son harmonie. Aujourd’hui, plusieurs courants conduits par diverses têtes de pont se disputent le leadership de l’héritage  que leur a légué le patriarche Emile D. Zinsou de son vivant.
Anne Adjaï Cica, Jean-Claude Codjia et les autres d’un côté, puis Léon Ahossi et ses compagnons de l’autre, mènent allègrement la barque à l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp).  Bien qu’étant dans la même formation politique, ces deux courants ne semblent pas avoir la même vision politique, surtout lorsqu’on aborde la manière dont le pays est géré par l’actuel régime du changement. S’il est vrai qu’au dernier conseil national du parti tenu à Bohicon le 21 février 2009 sous la bénédiction du fondateur Emile D. Derlin Zinsou, les deux parties ont regardé dans la même direction en critiquant en des termes très sévères le régime du Dr Boni Yayi, il est tout de même curieux de constater aujourd’hui que, quelques mois seulement après, les choses ont radicalement changé. Plusieurs événements qui se sont écartés des recommandations issues du conseil national de Bohicon sont venus bouleverser l’harmonie qui régnait au sein de l’Undp. Il y a eu d’abord la participation du parti à la création de l’Union pour la majorité présidentielle plurielle. C’était le 16 mai 2009 au Palais des congrès. Anne Adjaï Cica sous le regard du président du Bureau exécutif national de l’Undp signe le document consacrant le mariage consommé du parti de Emile D. Zinsou avec Boni Yayi. Cet acte qui a mis en déroute ceux qui croyaient à la sincérité des engagements pris par l’Undp à Bohicon sera suivi plus tard de la démission de l’honorable Joachim Dahissiho du G13. On croyait qu’on pouvait s’en arrêter à ces deux faits. Mais hélas ! Au cours du week-end dernier l’audience accordée au Chef de l’Etat aux membres du Bureau exécutif de l’Undp est venue fixer les uns et les autres. Au sein de la délégation conduite par le président Jean-Claude Codjia, il n’y avait pas le député Léon Basile Ahossi. Ce dernier qui a d’ailleurs refusé de participer au gouvernement du Dr Boni Yayi formé en octobre 2008 veut rester fidèle aux décisions prises par l’intergroupe G et F dans lequel il milite à l’issue du conclave politique des 28 et 29 novembre à Abomey-Bohicon. En clair, l’honorable Léon Basile Ahossi s’est refusé à vendre son âme après les déclarations qui ont été faites par son parti politique contre le régime de Boni Yayi.
Mais en vérité, la guerre de leadership au sein de l’Undp a commencé depuis. Vous vous souvenez de cette dame de fer épaulée par le président Emile D. Zinsou qui a fait lors des législatives 2007 une campagne à l’américaine dans la 6è circonscription électorale. Claudine Prudencio, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, n’a pas attendu le mot d’ordre de son parti pour se jeter dans les bras de l’homme du changement qui l’avait pourtant relevée de son poste au ministère de l’énergie pour une prétendue mauvaise gestion dans une affaire de passation de marchés publics.
C’est dire donc qu’entre le Chef de l’Etat et les cadres de l’Undp, il y a un deal que le commun des Béninois ne peut pas comprendre.
Déjà pour certains observateurs de la vie politique nationale, cette crise de leadership est à un point de non retour surtout que le patriarche Emile D. Zinsou qui préfère s’occuper de ses vieux jours a choisi de ne pas agir.

Journal LA PRESSE DU JOUR  02/09/09
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Publié dans Politique nationale

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