Effort pour un dégel de la situation politique et sociale : Les chantres du changement compliquent la tache à Boni Yayi
La situation politique et sociale est depuis quelque temps délétère du fait des hommes du pouvoir du changement et de leurs chantres. L’engagement des partis politiques et des forces sociales contre la remise en cause des acquis démocratiques a fini par faire reculer le gouvernement. Mais sa démarche pour un apaisement ne doit pas conduire à l’embrigadement de toutes les structures politiques et sociales dont les actions quotidiennes sont nécessaires au renforcement de la démocratie. C’est hélas ce que souhaitent les chantres du changement à travers leurs sorties et déclarations intempestives.Le chef de l’Etat n’a pas pu imposer sa direction au cours de l’histoire politique du Bénin. Ses chantres l’ont proprement induit en erreur et certaines institutions de la République et organisations socioprofessionnelles gardent désormais une mauvaise image de son règne. A quelques jours d’un embrasement total du pays par des mouvements perlés de débrayage et de refus de remise en cause des acquis démocratiques obtenus de hautes luttes, le Conseil économique a été la porte de sortie du Chef de l’Etat. Grâce à cette institution, le Chef de l’Etat a pu réunir encore une fois les acteurs du monde des travailleurs, les syndicats notamment. A cette réunion, le gouvernement a pris la décision, à travers son chef, de surseoir à l’intrusion de l’Inspection générale d’Etat à la Bourse du travail pour vérifier la gestion des subventions de l’Etat accordée aux organisations syndicales. Mieux, le gouvernement a décidé de lever la décision de suspension de certains agents qui seraient cités dans le dossier de mauvaise gestion des fonds du sommet de la Cen-Sad en 2008 au Bénin. En contrepartie, il serait demandé aux syndicalistes de surseoir à leurs différents mouvements et critiques acerbes contre le gouvernement.
Ce qu’il faut éviter
S’il est vrai que le climat tendu des relations entre le Chef de l’Etat et les organisations syndicales n’est pas de nature à arranger le gouvernement, un dégel de la situation ne serait assimilable à la transformation de toutes les forces sociales en griots du pouvoir. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est bien la prise d’assaut de l’opinion par des supporters du régime qui vilipendent tous ceux qui émettent une réflexion critique sur ce que fait le gouvernement ou qui refusent de s’aligner pour encenser le changement. Dans un pays démocratique, chacun a son rôle à jouer. Et les syndicats ne pourront jamais se croiser les bras et obtenir la satisfaction de leurs revendications. Il n’est donc pas pertinent de demander aux syndicats de ne plus donner de la voix ou de ne pas continuer de mobiliser, de sensibiliser, de former et d’informer leurs militants à la base. De même les partis politiques qui ont le devoir de l’animation de la vie politique ont constitutionnellement le droit d’émettre leurs idées même si elles sont critiques sur la gestion du pouvoir. Tout cela participe de la bonne ambiance nécessaire dans un régime démocratique. Et c’est d’ailleurs ce qui permet à tout pouvoir exécutif, législatif et judiciaire de jouer son rôle au nom du principe de séparation des pouvoirs qui, en définitive, se complètent finalement pour garantir les droits, les libertés et la bonne gestion de la cité. Il faut donc éviter que le prétexte d’un apaisement du climat sociopolitique ne remette en cause les réels acquis démocratiques. Les institutions de la République, les organisations professionnelles et les partis et mouvements politiques doivent jouer leur rôle selon les lois et textes réglementaires et dans le respect mutuel pour garantir le retour à un climat apaisé. Toute violation d’une parcelle de pouvoir de l’une ou l’autre catégorie sera toujours sujette à des réactions ou des protestations, toutes choses qui vicient l’atmosphère. A chacun donc de jouer son rôle.
Journal LA PRESSE DU JOUR 02/09/09
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