Protocole d'accord des G et F : La fin du régime de Yayi approche
Le Mouvement africain pour la démocratie et le progrès, le Parti du renouveau démocratique, le Parti social démocrate, la Renaissance du Bénin et Force Clé ont noué un accord historique contre le pouvoir de Yayi. Ce dernier n’a aucune chance de dompter ce groupe lors de la prochaine présidentielle de 2011Les cinq plus grandes écuries du landerneau béninois ont décidé de formaliser une convergence de vue socio politique dans la perspective de la présidentielle de 2011. Cet accord met en exergue un certain nombre de modalités cardinales. Dans la galerie des principes, la plus importante, c’est celle qui a trait au « choix en leur sein, selon un mode démocratique approprié convenu entre les signataires du présent protocole, d’un candidat unique ».
Le choix d’un candidat unique est un credo qui a été agité depuis leur première rencontre du 12 mars 2008 en passant par le séminaire de Bohicon des 28 et 29 novembre de la même année. Maintenant, c’est une réalité.
En effet, après avoir dénoncé les violations démocratiques et celles de l’Etat de droit, ces signataires ont manifesté leur souci de se battre pour sauvegarder les acquis du renouveau démocratique à travers la conquête du pouvoir. C’est pour cela que le PRD, le PSD, la RB, Force Clé et le Madep ont décidé de converger davantage à l’avenir toutes leurs actions publiques.
Avec cet accord, c’est un front commun du refus qui se crée. Ce qui rend la tâche plus délicate à Boni Yayi, leur adversaire commun à abattre. Alors que le leader du Changement rêvait d’une implosion des G et F au premier quartier de lune, ce conglomérat a résisté sur la longue à toutes ses manœuvres subreptices.
Comme le noyautage ne lui a pas réussi, il va falloir que le président de la République chasse en meute avec une faible convenance ces grosses cylindrées. Dans le langage des gestes et mœurs politiques au Bénin depuis 1991, date de la première présidentielle au Bénin, cela relève d’une douce illusion.
La tâche du chantre du Changement devient plus titanesque quand on apprécie et on analyse sous toutes les coutures le reste de la trame de l’accord qui rend ce groupe très fort. Il s’agit de mettre en place un mécanisme de gestion, de s’engager dans un processus continu d’unification de leurs organisations, d’arrêter les modalités pratiques de ce processus d’unification, d’élaborer un document commun de référence, dénommé « Charte de l’Union et du Développement ».
C’est véritablement un baume puissant contre le rhumatisme du Changement. Ce dernier peine depuis 18 mois à nouer des accords solides avec de grandes familles politiques.
En effet, hormis les associations hétéroclites et les clubs électoraux dans une phase encore adolescente et qui sont en interface avec le chef de l’Etat, aucun grand seigneur n’a voulu s’engager avec le pouvoir en place dans la spirale la plus sonore de sa gouvernance politique et économique exécrable.
Ce qui est important à souligner enfin, c’est que ces pontes de la politique béninoise sont ceux qui ont adoubé Boni Yayi en 2006. Sans le président du PRD Adrien Houngbédji, tout ce beau monde avait pesé 40%. Pour 2011, le boulevard est donc ouvert pour cette alliance des G et F qui peut dorénavant envisager avec sérénité, une emprise conséquente sur le Bénin. On peut donc commencer par conjuguer le pouvoir de Boni Yayi au passé.
Titus FOLLY
Journal LE GRAND JOURNAL 02/09/09
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