Retard dans la construction et le bitumage de la route Akpro Missérété – Kpédékpo : Kara Fadhoul met en difficulté le ministre Nicaise Fagnon
Le ministre Nicaise Fagnon en charge des travaux publics a effectué le lundi 31 août dernier une descente sur le chantier de construction et de bitumage de la route Akpro Missérété – Kpédékpo. Une fois encore, la grosse déception était au rendez-vous.La séance de travail tenue en marge de la visite de terrain effectuée par le ministre Nicaise Fagnon le lundi 31 août dernier sur le chantier de construction de la route Akpro Missérété – Kpédékpo a été très houleuse. Entre le représentant de l’entreprise en charge des travaux de bitumage de cet axe routier et les autorités présentes, le ton est tout simplement monté d’un camp. L’autorité de l’Etat que prône le président Boni Yayi a été royalement foulée aux pieds par le représentant de l’entreprise Kara Fadhoul. Les vociférations des maires Isidore Zinsou de Bonou et Clément Dona Gnonlonfoun de Dangbo n’ont pas perturbé le toubab qui a fait étalage d’une arrogance hors paire. La présence du ministre Nicaise Fagnon, maître d’ouvrage du projet, n’a aussi rien enlevé à sa détermination à ne faire qu’à sa tête. « C’est pour la dernière fois que je viendrai ici parler de non respect de planning de travail. C’est pour la dernière fois que je viendrai ici en ma qualité de maître d’ouvrage parler de non respect des clauses du contrat. Vos problèmes de manque de matériels et autres ne me regardent pas ». Ces propos du ministre Nicaise Fagnon en des termes très menaçants n’ont malheureusement pas déboussolé le représentant de l’entreprise Kara Fadhoul. Pour lui, c’est du déjà entendu. Et ce ne sont d’ailleurs pas ces vociférations et menaces qui feront changer les choses sur le chantier de construction et de bitumage de la route Akpro Missérété – Dangbo – Adjohoun – Bonou – Kpédékpo longue de 89 Km. Depuis qu’ils ont été lancés à grand renfort de publicité par le gouvernement du Général Mathieu Kérékou, les travaux de construction de la route Akpro Missérété – Dangbo – Adjohoun – Bonou – Kpédékpo traînent toujours. Aujourd’hui, ce projet ressemble à un serpent de mer dont on ne connaît ni la tête, ni la queue. Plus d’une fois déjà, le Chef de l’Etat accompagné des différents ministres en charge des travaux publics qui se sont succédé dans son gouvernement se sont rendus sur le terrain pour redonner espoir aux populations. Des séances de travail ont aussi eu lieu au Palais de la Marina pour décanter la situation. Devant les objectifs de plusieurs cameras et devant des élus du peuple, le Directeur général de l’entreprise Kara Fadhoul s’est engagé à faire avancer les travaux. Mais aujourd’hui, force est de constater que rien n’avance alors que l’entreprise en charge des travaux aurait déjà empoché 11 milliards de F Cfa sur le coût total du projet évalué à environ 20 milliards de F Cfa. Qu’est-ce qui pourrait alors expliquer ce comportement de l’entreprise Kara Fadhoul qui ne manifeste aucune volonté de respecter ses engagements ? Pourquoi le gouvernement ne peut-il pas taper du poing sur la table et appliquer les dispositions du contrat qui le lie à l’entreprise en cas de défaillance ? Ce sont là quelques-unes des grandes préoccupations des populations des communes riveraines de cet axe routier. Ces populations et les autorités locales s’inquiètent d’ailleurs que ce projet ne devienne l’un des éléphants blancs du régime du changement, surtout qu’il en a fait un fonds de commerce électoral pour capter les suffrages de la population de la vallée de l’Ouémé. Il y a bien anguille sous roche. Si l’entreprise Kara Fadhoul se comporte tel qu’elle le fait, c’est certainement parce qu’elle sait que rien ne peut lui arriver après avoir semé sur le parcours qui lui a permis de gagner ce marché de la grâce en espèces sonnantes et trébuchantes. C’est peut-être de ce côté que le ministre Nicaise Fagnon pourrait situer les raisons de la misère que lui fait subir l’entreprise Kara Fadhoul sur le terrain.
Journal LA PRESSE DU JOUR 02/09/09
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