Réconciliation entre Yayi et Fagbohoun: Pure intoxication de l’opinion publique

Publié le par MJPAC-ABT

La réconciliation annoncée entre le chef de l’Etat et le président du Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (Madep) est une pure manipulation de l’opinion publique. Séfou Fagbohoun est résolument ancré dans le G4.
« Il n’y a aucun projet de rapprochement entre Fagbohoun et le président Boni Yayi. Nous sommes membres actifs d’un groupe politique qui nous rassure. Ceux qui parlent de réconciliation se trompent. Toutefois, nous ne sommes pas contre la personne du président de la République. C’est la manière dont le pays est géré aujourd’hui qui nous oppose radicalement à lui. Nous nous sommes déjà engagés pour l’alternance en 2011. Nous ne pouvons plus faire marche arrière ». Voilà ce qu’a déclaré un membre très influent au sommet du Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (Madep), joint au téléphone hier, suite à l’annonce d’une certaine réconciliation entre l’homme d’affaire, Séfou Fagbohoun, et le chef de l’Etat. Ce faisant, il a apporté un démenti formel à cette rumeur qui circule dans l’opinion publique et relayée par certains journaux. Cette personnalité dénonce une intoxication visant à fragiliser l’opposition, plus particulièrement le G4 dans lequel se trouvent le Madep et son président. Les Béninois ont compris que c’était de la manipulation, car l’annonce de la pseudo réconciliation entre les deux personnalités intervient au moment où le G4 et l’alliance Force-clé devraient signer leur protocole d’accord. Pourquoi une telle intoxication ? Le G4 composé du Parti du renouveau démocratique (Prd) de Me Adrien Houngbédji, du Madep de Séfou Fagbohoun, du Parti social-démocrate (Psd) de Bruno Amoussou et de la Renaissance du Bénin (Rb) du couple Soglo, et l’alliance Force-clé de Lazare Sèhouéto constituent une véritable machine électorale dont le pouvoir en place a peur. A la dernière élection présidentielle, l’addiction des performances de ces forces politiques est plus de 65% des suffrages exprimés. Le G4 et l’alliance Force-clé disposent de 34 sièges à l’Assemblée nationale. Pendant les municipales et les communales de 2008, ils ont maîtrisé leurs différents fiefs. Ce qui fait que depuis lors, le gouvernement fait des pieds et des mains pour briser l’élan de ce groupe. Hier, il a tenté par tous les moyens de faire disparaître la Rb de l’alliance. Opération de charme, manipulations tous azimuts et autres méthodes de division ont été utilisées pour ramener les Soglo dans le giron du pouvoir. Peine perdue. Aujourd’hui, les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), en panne de popularité, jettent leur dévolu sur le Madep.

Souvenirs
Les militants du Madep n’ont pas encore oublié l’enfer qu’a vécu leur président, au début du régime-Yayi. Au second tour de l’élection présidentielle, Séfou Fagbohoun a mis tout son poids dans la balance, pour que l’alliance Wloguèdè puisse apporter son soutien au candidat Boni Yayi. Chose curieuse, il a été jeté en prison quelques mois après l’installation du nouveau régime. Il a passé plus d’un an derrière les barreaux. Les Fcbe ont profité de son absence pour lui mettre les bâtons dans les roues dans le Plateau, son fief traditionnel. Deux de ses militants notamment Christophe Kint Aguiar et François Abiola ont été nommés ministres dans le dernier gouvernement de Boni Yayi sans l’accord du bureau exécutif du Madep. Il s’agissait d’une tentative de diviser le parti. Mais ce fut un cuisant échec. C’est pourquoi, tous les militants du Madep sont résolument engagés pour l’alternance en 2011. C’est dire que Séfou Fagbohoun est dans la logique de sa base. Et, il sera difficile de lui faire changer d’avis.

Cécile Agossa
Journal 24 HEURES AU BENIN 02/09/09
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Publié dans Politique nationale

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