‘' Comme je le pense'' Des jours difficiles
Avec la conférence budgétaire qui a démarré le jeudi dernier au ministère des Finances, on peut dire que les grandes manœuvres ont commencé pour le budget général 2010. Les 30 ministères et toutes les institutions qui reçoivent directement leur budget du trésor public ont planché devant l’argentier national et ses collaborateurs sur leur projet de budget exercice 2O10. C’est la partie facile qui vient de débuter. Mais le plus difficile reste à venir pour le gouvernement qui va transmettre ce projet de loi de finances au Parlement pour vote. Et pour cause.En effet, le contexte politique défavorable au pouvoir et le précédent vote qui a bénéficié d’un tir groupé d’assentiments alors que c’était un marché de dupes sont de nature à compliquer la tâche au pouvoir actuel. En abordant le dernier volet, force est de constater que des groupes de députés disparates durant le vote de 2009 ont été unis par cette question d’argent. Les députés de l’opposition qui ont voté ce budget ont eu la désagréable surprise de voir que c’est avec le fard que le gouvernement de Boni Yayi avait blanchi les rides.
Ainsi ce budget s’est appuyé sur deux faiblesses. Et comme l’une est attelée à l’autre, cela ne pouvait créer une force. Mais comme l’une s’est appuyée sur l’autre, tout s’est raffermi. Les députés de l’opposition et ceux arrimés au Changement ont été bernés par l’exécutif. Ce dernier avait promis en autres de respecter l’unicité des comptes en transférant désormais les fonds d’escorte au trésor public n’a rien fait. Mais contrairement à tout cela, il a dépouillé certaines mairies tenues par l’opposition en mettant sous ses rotules certaines taxes.
Les députés de l’opposition sur la base de cet accord avaient cru qu’ils pouvaient enlever les ailes au papillon « Changement » afin qu’il devient une chenille. Malheureusement, il y a eu un abus de confiance politique mis au service de la patrie. Le gouvernement s’est passé pour un ami du peuple et a flatté les députés comme des volontaires qui aiment changer l’ordre des choses sans des feux d’artifices. Au regard de tout cela, on est en droit de se demander si celui qui a connu le mensonge d’Etat peut-il avoir un plaisir proportionné l’année qui suit ? Cette fois-ci, le fardeau risque de passer par le piédestal.
A cette situation, va se greffer le peu enthousiasme des députés de l’opposition compte tenu du contexte politique autour de ce projet qu’est le budget 2010. Dans un contexte socio politique très vicié, l’incrédulité, le manque de déterminisme et la fatalité de certains élus de la Nation les conduiront certainement à s’engager avec force pour un front de refus pour une plus grande vitalité de notre démocratie.
Le Parlement pour le compte de l’étude de la loi de finances 2010 ne sera plus un refuge de fuyards enchantés par les alouettes du régime du Changement. Si à partir de 2010, les députés de l’opposition doivent donner des gages par rapport à l’action et aux réelles perspectives de développement pour l’avenir de notre pays, c’est maintenant ou à jamais. Si 2011 doit apparaître comme prophétique, une partie de leurs erreurs ne doit plus venir de leur compromis, mais de leurs faiblesses à renouveler éternellement le compromis.
Titus FOLLY
Journal LE GRAND JOURNAL 08/09/09
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