Probables forces en présence au deuxième tour de 2011 : L’alliance qui peut briser le rêve de Yayi
Au second tour de la présidentielle de 2011, trois forces seront en présence. Celle du Président actuel, celle du candidat des G et F et celle de l’actuel Président de la Boad, toutes en pôle position par rapport aux mouvements sur le terrain. Les deux dernières forces pourraient briser le rêve du premier.La donne politique ne changera pas outre mesure au second tour de la présidentielle de 2011 par rapport aux avancées que l’on note pour les regroupements qui s’opèrent d’aujourd’hui. Trois pôles s’annoncent en effet : le Président actuel, le candidat des G et F et l’actuel président de la Boad. Les autres candidats qui pourront faire un bon score s’aligneront derrière ces trois pôles. Mais selon les réalités d’aujourd’hui, c’est le Chef de l’Etat en fonction qui a du pain sur la planche pour essayer de refaire une santé afin de pouvoir mieux négocier en 2011. Mais à l’allure où vont les tractations, et compte tenu des relations tendues qui sont entretenues avec les deux autres camps presque assurés d’être au second tour de la présidentielle, c’est assurément la mouvance qui part minoritaire. Car, contrairement à 2006, les forces qui ont accordé 40% des suffrages exprimés pour élire le Président Boni Yayi, à part l’Upr, sont aujourd’hui avec les G et F et le camp de Bio Tchané. Et c’est là qu’il faut se demander le miracle qui pourrait se produire pour permettre à un candidat de réussir sans ces groupes politiques désormais opposés au régime actuel. Il ne faut donc pas se tromper. Car, les exemples sont légion et il n’y a pas de générations spontanées en politique. Ce sont les forces existantes qui balancent toujours dans l’un ou l’autre des camps pour faire élire le Chef de l’Etat. A l’allure où vont les débats et tractations sur le terrain, les 40% du deuxième tour ajoutés au 25% du candidat non élu du deuxième tour de 2006 font un total de 65%. Sans compter qu’il y a bien des gens qui ont commencé par prendre aussi leur distance parmi ceux qui avaient permis au candidat Boni Yayi d’avoir 35% au premier tour de 2006, dans un contexte particulièrement favorable à l’avènement d’un homme nouveau à la Présidence de la République. Aujourd’hui, ce contexte est dépassé et il n’y a plus rien à reprocher à l’ancienne classe politique que les actuels dirigeants ne font pas. Même si les forces d’opposition réunies devraient perdre jusqu’à 10% encore des 65% au profit des indécis et de ceux qui pourraient ne plus s’engager pour l’un ou l’autre des camps parce que fatigués des hommes politiques, 55% du suffrage exprimé pourront faire élire le prochain Président pour le camp des opposants au régime actuel. Le rêve de l’équipe du changement risque donc d’être brisé par les deux coalitions opposantes qui pourraient se retrouver au second tour en 2011. Dans tous les cas de figure, comme elles semblent développer les mêmes critiques par rapport aux dirigeants actuels qui ne les ont pas associés comme il faut à la gestion du pays, il leur sera aisé de s’entendre pour reprendre le pouvoir, comme l’a d’ailleurs annoncé, il y a quelques heures, l’une des figures de proue de l’alliance « Union fait la nation ».
Ce ne sera qu’un jeu de calcul simple dont les éléments perturbateurs sont en train d’être écartés par l’union anticipée des G et F et la coalition qui œuvre pour le candidat Bio Tchané.
Guy Constant Ehoumi
Journal LA PRESSE DU JOUR 09/09/09
Publicité