Mouvance présidentielle: Que peut Anne Cica Adjaï pour Boni Yayi ?
L’ex-présidente de la Cellule de moralisation de la vie publique, Anne Cica Adjaï a rallié les deux pieds joints la mouvance présidentielle. Celle qui rêve d’être nommée ministre dans le prochain gouvernement sera de quel apport politique pour le président Boni Yayi pour sa réélection en 2011 ?Anne Cica Adjaï est connue sous le régime Kérékou comme une dame de fer à cause de sa lutte apparente contre la corruption. Inconnue sur le terrain politique, elle a débarqué sur la scène à l’ère du Changement. Très tôt, elle nourrit de grandes ambitions politiques. Aller au gouvernement du président Boni Yayi serait un cadeau qu’elle aurait voulu de tout cœur. A la veille du remaniement ministériel, elle multiple les assauts dans la majorité présidentielle, afin de se faire remarquer. Dans la foulée, elle a traversé les murailles de la mafia du Changement pour se hisser au sommet de l’Union de la majorité présidentielle plurielle (Umpp) où elle occupe le poste de secrétaire exécutif.
Aujourd’hui, de quel apport serait-elle pour le chef de l’Etat en ce moment où l’opposition quadrille le terrain ? Pas grand chose, pour ne pas dire rien. Au sein de l’Undp, Anne Cica Adjaï est une personnalité respectée compte tenu de son expérience administrative. Mais au-delà de cela, elle est l’ombre d’elle-même dans cette formation politique. Aux dernières élections législatives, elle a donné l’occasion aux Béninois de constater qu’elle n’a aucune base électorale quand bien même elle a passé une bonne partie de sa vie à lutter contre la corruption. Dans la quinzième circonscription électorale où elle était positionnée, Mme Adjaï a été facilement mise en quarantaine par les maîtres de la jungle que sont le Parti du renouveau démocratique (Prd) et la Renaissance du Bénin (Rb). Elle a été ainsi écrasée par la machine de guerre de ces forces politiques qui n’ont ménagé aucune énergie sur le terrain pour la réduire à sa plus simple expression. Dans ces conditions, un chef d’Etat en quête de popularité peut-il mettre dans son gouvernement une personnalité sans aucune influence électorale à quelques pas des échéances de 2011 ? Certainement non. C’est pourquoi visiblement, sa présence dans l’exécutif sera une erreur politique.
Si au plan politique, Anne Cica Adjaï n’a rien à vendre au régime du Changement, certains peuvent penser qu’elle peut être utile en matière d’idées pour faire avancer le pouvoir en place. Là encore, il y a matière à réflexion. Pendant dix ans, elle a dirigé la Cellule de moralisation de la vie publique. Elle a été ainsi remarquée dans la lutte contre la corruption. Au finish, les résultats ont été catastrophiques, puisque la mission assignée à sa structure n’a pas été atteinte. En conséquence, la corruption prend encore de l’ampleur. Même à l’ère dite de Changement, le phénomène connaît une évolution effroyable. Dans une interview accordée à un organe de presse de la place, Mme Adjaï a déclaré ouvertement qu’elle ne croit plus à la lutte contre la corruption, après avoir passé tout le temps à lutter contre le mal. Dans ces conditions, cette dame de fer n’a pas une carte de visite impressionnante pour séduire le chef de l’Etat. Dès lors, l’aval de sa formation lui serait la dernière carte qu’elle doit jouer pour atteindre son objectif. Ce qui ne lui sera pas facile, car l’Undp à travers ses députés et personnalités influentes est déjà déçue du Changement. Ce parti est résolument ancré dans l’opposition. Il ne reste qu’alors à Mme Anne Cica Adjaï de revoir sa copie et respecter la discipline du groupe.
Cécile Agossa
Journal 24 HEURES AU BENIN 09/09/09
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