Mathias Hounkpè sur la clarification de la scène politique: « Il est heureux que la scène politique se clarifie, mais il faut dire que le plus difficile reste à faire… »

Publié le par MJPAC-ABT

Politologue de formation et averti des questions politiques nationales, Mathias Hounkpè, dans cet entretien accordé à votre journal se prononce sur la clarification observée ces derniers jours sur le paysage politique national

Quelle lecture faites-vous des alliances G4-Force-Clé, du G13 et de l’Umpp ?
Normalement, on doit être content de la clarification qui se fait sur la scène politique au Bénin. Pour le bien de la démocratie, il est bon de clarifier le paysage politique au Bénin.

Y-a-t-il un pincement de cœur quelque part ?
Oui, aucune de ces formations politiques n’a de statut clair en ce qui concerne l’avenir du pays ou en thème de proposition. Aucun d’eux ne dit clairement ce qu’il propose en vue des présidentielles de 2011. Car, on ne peut pas accéder au pouvoir sans proposer quelque chose au peuple.

Et qu’en-est-il de la solidité de chaque entité ?
Il y a beaucoup de choses qui amènent à dire que c’est maintenant que le plus grand travail reste à faire. Si je prends le G4 Et Force-Clé, ce sont des formations politiques qui ont été divisées par le passé et qui le sont aussi par le présent. Sinon, comment peut-on mettre la RB et Force-clé ensemble alors que les deux formations à la base discutent le même électorat. Aussi, le PRD et le Madep à l’origine ont toujours discuté le même fief électoral. Lazare Sèhouto par exemple a été toujours seul aux élections. L’amener à se mettre ensemble avec les autres, à mon avis, c’est lui demander un effort surhumain, à la rigueur le contrarier. Aussi, le centre d’intérêt de Maître Adrien Houngbédji n’est pas le même que celui de Bruno Amoussou. Car, l’un veut accéder au pouvoir et l’autre est frappé par l’âge. Quand on prend Lazare Sèhouéto et Léhady Soglo, au nom de quelle garantie l’un va laisser l’autre être candidat. Et cette garantie sera sur combien d’années ?

Et les autres formations politiques ?
Le G13 est né à l’Assemblée nationale pour défendre un certain nombre d’intérêts. Et aujourd’hui, au sein de ce groupe, il y a de petits problèmes de scission. Le G13, pour moi n’est pas en tant que tel une formation politique. Aujourd’hui, on ne saurait aussi définir dans quel camp se trouve le G13.

Venons-en à l’Umpp
L’Umpp a un avantage, comparativement aux autres groupes en ce sens que les partis politiques qui constituent ce groupe ont un objectif commun. On sent une homogénéité, même si elle est apparente. Et, il y a quelqu’un qui est au-dessus de tous et qui décide du sort de chaque personne. Même à ce niveau, chacune des formations politiques se bat pour son avenir politique. Donc cela pose véritablement un problème. Finalement, chacun de ces groupes est très fragile. Sinon, il y aura beaucoup de sacrifices à faire pour que ces différents groupes tiennent. Mieux, les acteurs politiques ont toujours un pied dans leur groupe et un pied dans l’autre groupe. Ce qui fait qu’il est difficile de jurer sur leur sort. Egalement, lorsqu’on veut accéder au pouvoir on propose quelque chose au peuple. Et c’est le minimum que la démocratie recommande. Celui qui est au pouvoir a fait ceci. Si nous venons au pouvoir, nous allons faire cela et en mieux. Mais à ce jour, il n’y a rien de tout cela.

Mais l’objectif de chaque groupe, c’est de continuer à gérer ou à aller au pouvoir
Oui mais qui veut gérer le pouvoir. A ce jour, on ne le sait pas. Et c’est ce qui se passe dans les grandes démocraties où on parle de candidat naturel. Si vous prenez le Prd et que vous dites que Me Adrien Houngbédji est le candidat naturel, il n’y a pas débat. Si vous prenez Force-clé et que vous parliez de Lazare Sèhouéto comme candidat naturel, il n’y a pas débat. Mais aujourd’hui, le candidat naturel au Psd, c’est qui de même qu’au niveau de la Rb. Et c’est là où le problème se pose. Au nom de quoi ces candidats naturels vont laisser place aux autres candidats. Quelle est la garantie, encore qu’en politique ce n’est que les intérêts qui comptent. Vous sacrifiez quelque chose aujourd’hui, vous n’êtes pas sûr de le retrouver demain.

Quelle conclusion peut-on faire ?
Il ne faut pas penser que l’union des partis politiques est la fin du monde. C’est maintenant que le plus difficile commence. Je me réjouis de ce que la scène politique se clarifie. Et en tant que citoyen, ce qui me préoccupe, ce n’est pas l’union des formations politiques mais, c’est de savoir quelle garantie les acteurs politiques qui veulent accéder au pouvoir donnent au peuple. C’est à ce niveau que se situe le débat.

Charles YANSUNNU
Journal FRATERNITE 10/09/09
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Publié dans Politique nationale

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