Remaniement ministériel: Les trois grosses difficultés de Boni Yayi
Annoncé à grandes pompes, le remaniement ministériel tarde à venir du fait des difficultés à trois niveaux du Chef de l’Etat.La formation du prochain gouvernement est pratiquement un os dans la gorge du président Boni Yayi. Il rencontre trois grosses difficultés qu’il n’arrive pas à résoudre avec efficacité. Dans un premier temps, il est confronté à la pression qu’il subit dans son propre gouvernement. Ses ministres ne ratent aucune occasion pour le séduire. En effet, ils utilisent tous les moyens pour lui montrer qu’ils sont importants pour le Changement aux plans administratif et politique. Dans leurs différentes allocutions à l’occasion des cérémonies officielles, les membres du gouvernement chantent les louanges du leader du régime du Changement, afin de se maintenir certainement à leur poste. Par exemple, le ministre des petites et moyennes entreprises, Léandre Ouaga, inconnu de l’opinion publique par son inaction, a fait une récupération politique de la reprise des élections dans un arrondissement de la commune de Houéyogbé. Son entourage fait croire qu’il est l’auteur de cette victoire des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) contre le Parti social-démocrate (Psd) de Bruno Amoussou, alors que tout le monde sait les conditions sulfureuses dans lesquelles ce genre d’élections s’organise à l’ère du Changement. Aujourd’hui, tous les ministres sont dociles. Qui sera remercié dans ces conditions-là, alors qu’on sait que le chef de l’Etat nourrit de sérieuses ambitions pour un second mandat en 2011.
La seconde difficulté du président Boni Yayi se trouve au niveau des nouveaux ambitieux. Beaucoup de ténors Fcbe veulent aussi aller à la table à manger du régime du Changement. Selon les informations, plusieurs dossiers sont sur sa table. A cet effet, des intermédiaires sont à l’œuvre pour convaincre le président de la République à satisfaire aux ambitions de tel ou tel. Pour cet exercice, des évangélistes du Palais de la République sont mis à contribution. C’est pourquoi, actuellement sur le terrain, il y a beaucoup de manifestations organisées par certains proches du gouvernement. C’est le cas des femmes, ces derniers jours. L’ancienne présidente de la cellule de moralisation de la vie publique, Anne Cica Adjaï, la conseillère aux sports du ministre des sports, Christelle Houndonougbo, et consorts montent régulièrement au créneau. Ce qui fait que le chef de l’Etat a du mal à opérer des choix dans son propre camp.
Mais au-delà de tout cela, le président Boni Yayi rencontre toutes les peines du monde pour rallier l’opposition à sa cause. Dans les coulisses, on tend des pièges aux opposants. Ainsi, le régime en place leur brandit leur entrée au gouvernement comme un gâteau venu du ciel. Ceux du G4 et de Force-clé résistent à l’appât. Selon certaines informations, le pouvoir en place ne tente même plus les négociations à leur endroit. C’est pourquoi, la pression est fortement mise sur le G13. Beaucoup parlent de l’entrée au gouvernement du professeur Ari Fari Bako, coordonateur national du groupe. Officiellement, l’intéressé n’a fait aucune déclaration à ce sujet. Mais si l’on observe un retard dans la formation du gouvernement, c’est le signe que le régime est en train de mordre la poussière. Il y ressort que le président Yayi a des épines sur son chemin. Si la formation d’un gouvernement pose autant de problèmes, c’est le signe que le Changement est en perte de vitesse.
Cécile Agossa
Journal 24 HEURES AU BENIN 16/09/09
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