Chefferie traditionnelle: Le centenaire du roi Toffa a du plomb dans l’aile ( Le prince Dê Sodji Abéo interpellé)

Publié le par MJPAC-ABT

Après Abomey qui a célébré le centenaire de la mort du roi Béhanzin en 2006, c’est le tour de la ville de Porto-Novo de commémorer le centenaire de la mort de son souverain, le roi Toffa (1908-2008). Mais malheureusement, l’organisation de cet événement historique a du plomb dans l’aile. De report en report, on se demande à quand aura effectivement lieu lesdites manifestations.
Le roi Toffa a régné de 1874 à 1908. Normalement, c’est depuis l’année dernière que le centenaire de sa mort devrait être organisé. A ce jour rien n’y fit et on apprend que l’évènement est prévu pour l’année prochaine. Une situation qui n’honore guère ses héritiers et surtout le gouvernement du Changement. Selon les indiscrétions, les divergences au sein de la dynastie royale seraient la cause principale à laquelle s’est ajoutée les intrigues et diverses manœuvres de quelques politiciens en perte de vitesse. Etat des lieux Réuni en Conseil des ministres le 30 mars 2008, le gouvernement a instruit le ministre de la Culture d’alors afin qu’un comité national chargé de l’organisation de la commémoration de ce 100ème anniversaire soit installé. Plusieurs séances de travail ont été tenues avec toutes les dynasties : Dè Hakpon, Dè Lokpon, Dè Houdé, Dè Mèssè, Dè Houyin, Dè Toffa et la cour des deux rois Gbèzé Ayintinmè et Kpotozounmè. Dans le cadre des manifestations devant marquer l’événement, un colloque international sur l’oeuvre et la vie du roi Toffa 1er (1874 à 1908) sera organisé sous l’égide de l’Unesco. En somme, un centenaire dont la célébration pourra contribuer au renforcement de l’union et la cohésion au sein des Aïnonvi. Contre toute attente, depuis le 30 mars 2008, ladite manifestation n’a pas eu lieu. Selon le maire de Porto-Novo Océni Moukaram, la manifestation a été repoussée pour l’année 2010 afin de la coupler avec le cinquantenaire de l’accession de notre pays à l’indépendance. Mais à y voir de près, on a des ressentiments. Le ballet des usurpateurs A l’instar de la majeure partie des chefferies traditionnelles du Bénin, deux rois règnent actuellement dans la ville de Porto-Novo, Gbèzé Ayintinmè et Kpotozounmè. Une crise familiale sur laquelle vient se greffer quelques hommes politiques en perte de vitesse. Des usurpateurs n’appartenant pas à la lignée royale, très connus pour leur art d’être toujours proches du pouvoir, ont fait leur immixtion dans cette affaire. L’objectif ici est de se tirer une cote de popularité à marchander plus tard au Dr Boni Yayi. Une ingérence qui vient une fois encore crispée les relations entre les familles royales de Porto-Novo. Dans ces conditions, il est aisé d’affirmer que la célébration du centenaire de la mort du roi Toffa a du plomb dans l’aile. Sous l’égide de quel roi sera placé les cérémonies ? Lequel des deux rois de la ville va s’installer au Palais ? De quel côté sera la chorale adjogan etc… Ce sont autant de préoccupations qui interpellent les uns et les autres en l’occurrence les descendants de la famille royale. C’est l’occasion ici d’interpeller le Prince Dê Sodji Abéo dont le grand père (Djèkété) vient en quatrième position par rapport au roi Toffa. Quel est alors son degré d’implication dans les préparatifs du centenaire de son grand père le roi Toffa ? A-t-il abandonné ses devoirs familiaux pour la politique ?

Judicaël ZOHOUN
Journal 24 HEURES AU BENIN 16/09/09
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