Nomination d'un ambassadeur aux Nations Unies : Boni Yayi est entre le marteau et l'enclume (Que choisir entre la menace du Syndipat-MAE et Kérékou)

Publié le par MJPAC-ABT

Le médecin colonel Simon Idohou devait servir de monnaie d’échange entre le président de la République et son prédécesseur pour une réconciliation qui tient a cœur à Boni Yayi. Mais les espoirs de ce dernier s’envolent car, le Syndicat national des diplomates, interprètes traducteurs et personnel administratif et technique du ministère des Affaires étrangères (Syndipat- MAE) ne l’entend pas de cette oreille.
Boni Yayi tenait qu’un terme soit mis à la brouille qui existe entre son prédécesseur Mathieu Kérékou et lui. Il s’y est employé en mettant à contribution les présidents Kadhafi de la Libye, Tandja du Niger et Touré du Mali.
A défaut de réchauffer les relations à Tripoli le 2 septembre dernier en marge des festivités du quarantenaire de la prise de pouvoir par le guide libyen, festivités auxquelles les deux personnalités étaient invités, Boni Yayi et le général Kérékou se sont rencontrés à deux reprises à Cotonou.
La première fois, c’était le 9 septembre au Palais de la Marina. La deuxième rencontre a eu lieu le lundi 14 septembre dernier dans les « abbayes des filaos » chez le général. Si Mathieu kérékou a tenu à rencontrer son successeur, c’est parce que ce dernier à accepter de réparer les préjudices à lui causés sur certains dossiers dont le limogeage de certains de ces proches.
Au soir du pouvoir de Kérékou et dans la foulée de la passation de témoin, Boni Yayi aurait pris des engagements devant un président de la région équatoriale africaine dans ce sens. Cependant, à la première occasion, le chef de l’Etat a limogé certains proches de son prédécesseur en occurrence le médecin colonel Simon Idohou promu représentant permanent du Bénin près les Nations Unies avant le départ de président général.
Pour faire plaisir au général Kérékou, le docteur Idohou devait retrouver son ancien poste surtout que celui-ci n’a plus de titulaire depuis la promotion de Jean-Marie Ehouzou comme patron de la diplomatie béninoise.
Pour y parvenir, il va falloir que le chef de l’Etat surmonte l’opposition farouche du Syndipat- MAE. Après avoir fait une action musclée en direction du ministre des Affaires étrangères qui dit-on a été séquestrée pour n’avoir pas dénoncé un tel projet, il a publié un communiqué en date du 17 septembre 2009 et signé de son secrétaire général.
Projet collatéral, idées croisées En substance, le Syndicat national des diplomates, interprètes traducteurs et personnel administratif et technique du ministère des Affaires étrangères (Syndipat- MAE) se dit résolu à faire échec à la manœuvre.
Ce syndicat reconnaît au chef de l’Etat le droit de légation à titre exclusif. C’est sur cette base qu’il nomme les ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires par décret pris en Conseil des ministres, sur proposition du ministre des Affaires étrangères parmi les diplomates. Ces nominations doivent se faire dans la proportion des trois quart (3/4) au moins du nombre total des postes du Bénin a l’extérieur. Le Syndipat- MAE rappelle que les chefs de mission des postes à compétence multilatérale sont nommés parmi les diplomates de carrière. Ce qui n’est pas le cas du docteur Idohou.
Au regard de ce dossier de nomination, le syndicat du personnel des Affaires étrangères est remonté contre : « … le président de la République qui a excédé les marges et s’apprête à procéder a un coup de force contre l’identité professionnelle des diplomates et a une remise en cause des acquis démocratiques… ».
Au terme de son réquisitoire, le Syndipat-MAE met en demeure Ie gouvernement en ce qui concerne ce dossier de nomination de Simon Idohou. Mieux, il menace de paralyser : « …dans les prochains jours, l’administration centrale du ministère ainsi que tout Ie réseau diplomatique et consulaire du Bénin à l’extérieur… ».
Sur ce dossier de violation des textes, on attend la réaction de Boni Yayi. En effet, la situation du président de la République est des plus inconfortables car, il est pris sur deux fronts. D’abord, il doit faire face à la détermination du Syndipat-MAE qui n’entend pas reculer sur ce dossier flagrant de violation des textes et honorer son nouvel engagement.
Le chef de l’Etat baissera t-il le pennon devant les syndicalistes ou fera t-il un passage en force pour pouvoir honorer ses engagements à l’égard de son prédécesseur ? Ne pas honorer cet engagement par rapport à la nomination de Simon Idohou compromet énormément la réconciliation entre les deux personnalités et par ricochet la réélection de Boni Yayi en 2011. Il va falloir donc qu’il choisisse entre le Syndipat-MAE et les engagements pris à l’endroit du général Mathieu Kérékou.

Ecrit par Titus Folly
Journal LE GRAND JOURNAL 18/09/09
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Publié dans Politique nationale

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