Lenteur administrative au sommet de l’Etat : Des projets importants toujours en souffrance
La conduite des affaires de l’Etat dans les ministères pose de sérieux problèmes pour la marche du Bénin vers l’émergence économique. Un concept cher au Président Boni Yayi. Les ministres peinent à suivre la machine du changement, mettant ainsi en souffrance l’exécution de plusieurs projets au niveau des sociétés d’Etat.La Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) et le Port autonome de Cotonou (Pac) sont deux poumons de l’économie béninoise. Curieusement, elles sont les plus touchés par des situations bizarres au point où plusieurs projets peinent à démarrer, trois ans après l’avènement du régime du changement. La lourdeur administrative et la corruption semblent régner en système de gestion dans la plupart des ministères sectoriels qui ne font aucun effort pour améliorer la performance et la compétitivité des entreprises d’Etat.
Pour ce qui est de la Sbee, le délestage est récurrent ces derniers jours avec pour conséquence, une baisse de l’activité économique. Ceci, malgré les investissements à hauteur de 70 milliards Fcfa pour l’achat des équipements. La direction générale, manquant d’engagement et d’innovations, s’enferme dans un monopolisme infructueux. Le projet de construction du barrage d’Adjarala, et celui la Centrale thermique à Abomey-Calavi tardent à être une réalité. Malgré la disponibilité et l’engagement des bailleurs de fonds à aider le Bénin. Du coup, on assiste à des comportements peu orthodoxes qui annihilent les initiatives de développement. Une situation très hypothétique pour l’économie et pour les opérateurs économiques qui ne savent plus à quel saint se vouer. Pendant ce temps, on assiste à une augmentation des factures d’électricité. Le directeur général gagnerait à s’investir davantage en vue de combler le gap enregistré au niveau de la communauté électrique du Bénin (Ceb) qui n’a plus le monopole de la production. L’urgence serait de renforcer les capacités de la société qui doit, non seulement distribuer, mais aussi et surtout produire de l’électricité en espérant qu’elle ne soit pas rachetée au bout du processus.
Tout comme à la Sbee, le Port autonome de Cotonou qui apparaît aujourd’hui comme un monstre à deux têtes connaît une impasse à cause de l’autorité de tutelle qui ne fait rien pour accompagner et faciliter la tâche au directeur général qui fait beaucoup pour rendre le port très compétitif. Plusieurs projets sont en souffrance à l’image de celui de la création d’un Centre informatisé pour la gestion des camions gros-porteurs pour le port autonome de Cotonou. Un projet d’un coût global de 7 milliards Fcfa qui peut créer plus de 500 emplois à long terme. Il vise à assainir et accompagner l’informatisation de la plateforme portuaire. Le dossier est déjà passé en Conseil des ministres et il ne reste qu’une simple lettre du ministre de tutelle pour l’étude d’implantation. Mais, la lourdeur administrative est passée par là, pendant que les gens ont faim. Il est clair aujourd’hui que tous les ministres ne sont pas sur les rails du changement. Encore moins dans le navire qui doit conduire à l’émergence du Bénin. La situation est identique dans presque tous les ministères. Toutes choses qui ne sont pas de nature à favoriser l’émergence économique et la prospérité partagée très chère au Chef de l’Etat.
Journal LA PRESSE DU JOUR 18/09/09
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