La paix menacée au Bénin : La violence, l'arme des proches du pouvoir (Lalo donne raison aux G et F)
Les lieutenants de la mouvance présidentielle ont encore usé de violence comme voie de recours. Les contingences survenues dans la commune de Lalo vendredi dernier démontrent à plus d’un titre que les proches du pouvoir sont des récidivistes invétérés. Une situation qui a donné raison aux G et F à la veille de la semaine de la paix.Après les communes de Sèmè et d’Avrankou dans la foulée des résultats des communales et des infra communales de 2008, où des proches du pouvoir ont recouru à la violence, c’est le tour des marmousets du régime à Lalo de s’illustrer.
En effet, vendredi dernier, les tenants de la chapelle FCBE version Lalo ont tenté de s’en prendre au maire Comlan Célestin Dohou. Les fauteurs de trouble reprochent à ce dernier de n’avoir pas installé le chef d’arrondissement de Tohou qui est de l’obédience parti/Etat.
Au lieu d’user des voies de recours, c’est-à-dire saisir la Cour suprême et les autorités préfectorales pour obliger le maire à procéder à l’élection dudit chef d’arrondissement, les militants FCBE ont préféré programmer une expédition punitive contre l’autorité de tutelle de cette entité territoriale. La horde fraternelle et punitive armée de gourdins et d’armes à feu, a préféré recourir à l’instinct grégaire de violence pour régler un contentieux.
Cette énième situation qu’on enregistre dans le camp FCBE est la conséquence du parapluie politique dont profitent aussi bien les bras séculiers de ces missions ignobles de même que leurs commanditaires.
Tout porte à croire aujourd’hui que les scènes de violence enregistrées à Sèmè et Avrankou où des hors la loi sont passés à l’acte sans crainte en occupant le domaine public sans être inquiétés, ont fait des émules. Lalo où des proches du pouvoir, version Lalo se sont illustrés négativement en est une preuve indéniable.
Et pourtant, le président de la République dont les militants agissent ainsi, continue de parler de gouvernance concertée et de dialogue politique comme ce fut le cas lors de son interview du 1er août dernier. Mais il se fait que depuis lors, la situation n’a pas changé. Au contraire, cet état de choses devient de plus en plus préoccupant au regard des positions qui se raidissent de part et d’autre de l’échiquier politique entre la mouvance présidentielle et les membres dits de ‘’l’opposition non déclarée’’.
Depuis les élections législatives de mars 2007, le Bénin fait face à une crise politique qui prend de plus en plus d’ampleur entre ses différents acteurs politiques. Cette crise s’est exacerbée suite aux communales en dépit de l’atroce ironie et de la triste singularité du gouvernement du Changement qui continue de prôner le dialogue alors que le crime se poursuit.
Le but final de cette tension politique est de contrôler toutes les institutions de la République de même que les structures décentralisées en vue d’instaurer au Bénin un régime autocratique. Paradoxalement, c’est dans un contexte où la démocratie et les libertés fondamentales sont soit en danger ou fortement menacées qu’on parle de la semaine de la paix.
En effet, c’est à la veille de cette fameuse cérémonie que les événements dramatiques de Lalo se sont déroulés. Ce qui donne raison au maire de Porto-Novo et aux ténors de l’alliance des G et F qui ont refusé de participer à cette cérémonie pour stigmatiser cette volonté du régime du Changement de vouloir instaurer une atmosphère de violence d’Etat.
Face à cette situation délétère, il faut craindre que les prochaines élections ne donnent lieu à des violences du genre à moins que le gouvernement ne commence par donner des gages. Pour que les uns et les autres soient rassurés, il va falloir que la justice interpelle tous ceux qui ont exécuté cette basse œuvre et leurs commanditaires.
Ecrit par Titus Folly
Journal LE GRAND JOURNAL 23/09/09
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