« Comme je le pense » Dossier Cen-sad : on passe l'éponge

Publié le par MJPAC-ABT

Le ministre François Noudégbessi a été réhabilité suite au conseil des ministres du 17 septembre dernier. Par cette décision, le pouvoir en place vient de nous tourner en bourrique en usant d’un principe que certains ont surnommé "la table tournante".
C’est une vielle méthode de l’époque médiévale où le timonier fait beaucoup de bruits suite à une faute lourde de l’un de ses dévots pour ne pas le punir en fin ce compte.
C’est exactement le scénario auquel on a assisté avec le dossier Cen-Sad en passant par la mise à l’écart du ministre et sa réhabilitation, le chef de l’Etat a actionné cette "table tournante", le temps que le soufflet ne retombe. Une simple question de temps en dépit des rotations. Et maintenant, la décision est là implacable.

Mais au lieu de se contenter de cette décision imposée par cette fameuse théorie, le gouvernement du Changement a cru devoir avoir recours au langage usuel pour faire croire que la justice se saisira de ce sulfureux dossier afin que le droit juste et efficace soit dit. Cela est-il possible dans cette affaire qui comme une pieuvre semble avoir ses tentacules dans les couloirs du pavillon stratégique ?

Au Bénin, on connaît le parcours qu’il faut au procureur de la République pour que la perche qu’il tende soit acceptée par les députés afin que le ministre Noudégbessi ne se retrouve devant la Haute Cour de Justice. Dès lors, que Boni Yayi cesse de nous tromper car, cette fois-ci, l’absolution donnée ne découle par de notre ignorance, mais de sa faiblesse en tant que chef qui tient à protéger ses proches en dépit de leurs incartades.

Au principal, on retiendra que l’organisation du 10ème sommet de la Cen-sad a engendré un scandale avec à la clé des milliards dilapidés. Et après les différents épisodes qui ont meublé ce feuilleton très palpitant, seuls ceux qui ne connaissent pas le principe de "la table tournante" du Changement et qui pensaient que la vérité allait jaillir, peuvent être déçus.

Mais en dépit de ce principe disgracieux, un dévot follement orgueilleux peut faire la preuve de sa capacité à refuser que les regards inquisiteurs l’accueillent et l’accompagnent dans le reste de l’exercice de sa fonction. C’est l’autre dimension de la question.

Cette dernière fait appel à l’honneur. Cela pouvait permettre au ministre de refuser de souiller sa personnalité en reprenant une fonction où son autorité sur tout son personnel n’est pas garantie. François Noudégbessi n’a pas su que cela apporte autant de gloire que la crucifixion comme un christ espagnol.

En acceptant de reprendre le travail dans ces conditions, lui-même contribue à mettre la dernière main à son parcours professionnel qui comme dans un puits artésien est déjà monté. Sacré veinard, dire au chef : "gardez votre maroquin " ne s’apprend pas seulement à l’école en dépit d’une carrière bien accomplie. Ce n’est pas grave. On passe l’éponge sur tout y compris la Cen-Sad.

Titus Folly
Journal LE GRAND JOURNAL 23/09/09
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Publié dans Politique nationale

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