Le mystère des tocards
Le vent du Changement rame à contre courant. Certains cadres du Changement peinent à s’inscrire dans la dynamique du concept, à se l’approprier et à s’adapter à l’éthique du développement. A défaut de soutenir les efforts de leur leader, ils sabotent purement et simplement les initiatives prises par celui-ci pour un mieux-être du peuple. Partisans des premières heures des systèmes antérieurs, ils bravent tous les obstacles pour chanter les louanges du nouvel élu et vitupérer les mandats sous lesquels ils avaient servi avant l’avènement de l’alternance. Transfuges bon teint, ces cadres comme des caméléons revendiquent le Changement sans pour autant maîtriser son contenu. En témoignent les irrégularités perverses enregistrées dans le cadre de la réalisation de certains projets de la République. La situation qu’on observe dans certaines sociétés d’Etat n’est que la partie visible de l’iceberg. Le phénomène est récurrent et préoccupant. Il n’épargne aucun ministère. Certains projets de développement subissent les affres de la mauvaise volonté des autorités sous tutelle. Surtout si celles-ci n’y trouvent pas leur compte. Quand le leader du Changement a publié sa toute dernière équipe, on a cru que les cadres promus étaient à la hauteur de la mission. C’était sans compter avec leur détermination de contrarier les efforts de développement. Tout le monde a pensé qu’elle dispose les qualités requises pour mener à bien la mission à elle assignée. Or l’expérience a prouvé qu’elle n’est pas à la hauteur de la tâche. Un organe de presse avait analysé, il y a quelques années, le mystère des tocards. Nuls, incompétents, contre-productifs, les tocards dans une équipe, qui occupent parfois des postes élevés, arrivent pourtant à conserver leur place. Ces cadres, inaptes à leur fonction, qui pourtant devraient être virés, ne le sont pas car ils sont en réalité utiles, sinon indispensables, à l’organisation du système. L’image que renvoie ces mauvais collaborateurs dès lors qu’ils refusent de soutenir les initiatives de leur mentor, révèle la culture d’un régime mettant à nu les comportements interdits. En fait, le Changement, pour le commun des mortels est la rupture avec certaines habitudes pas forcément exemplaires. Le sociologue Yves Enrègle a montré l’importance du tocard dans une équipe en analysant le rôle du barde dans le village d’Asterix : le barde doit donc être scrupuleusement gardé au sein de l’équipe malgré les désagréments qu’il apporte, car il rend possible la cohésion de celle-ci. C’est certainement la raison pour laquelle certains ennemis du développement continuent de faire leurs armes aux côtés de leur leader.Journal 24 HEURES AU BENIN 23/09/09
Publicité