Gestion des portefeuilles ministériels: Main basse sur les vrais projets de développement
Qu’est-ce qui bloque l’installation de la centrale thermique d’Allègléta, la réalisation du barrage d’Adjarrala et du centre informatisé pour la gestion des camions poids lourds au Port autonome de Cotonou ? C’est la question qui vient spontanément à l’esprit lorsqu’on sait que certaines autorités de tutelle ne manifestent guère leur volonté de favoriser l’exécution de ces projets d’envergure.Aussi paradoxal que cela puisse paraître, certains collaborateurs du chef de l’Etat dont notamment le directeur général de la Société béninoise d’énergie électrique (Sbee) et le ministre de l’Economie maritime et de la réforme portuaire ne sont visiblement pas prêts à soutenir la vision du Changement prônée par le président de la République Boni Yayi. Tout porte à croire en effet que l’objectif du directeur général de la Sbee est le bradage de cette société. Sinon comment analyser la situation du délestage qui prévaut et qui empêche les opérateurs économiques de vaquer normalement à leurs occupations pendant que la réalisation de nombreux projets à savoir le barrage d’Adjarrala et l’installation d’une centrale thermique à Allègléta piétine ? La Sbee qui avait échappé à une liquidation dans les années 90 semble retomber dans l’escarcelle de l’impérialisme économique. Ceci, après que le gouvernement y ait englouti plus de 70 milliards de francs Cfa. Un investissement lourd dont les effets tardent à se concrétiser sur le terrain. Aujourd’hui, la Sbee ne dispose pas suffisamment d’équipements devant assurer une autonomie alors que la communauté électrique du Bénin (Ceb) n’est pas en mesure de satisfaire à 100% les besoins énergétiques du Bénin. Surtout que la Ceb n’a plus le monopole de la production conformément à la loi N1. Il est donc impérieux que la Sbee complète le gap et au-delà du relèvement tarifaire, mette les bouchées doubles pour une alimentation continue d’énergie électrique. . Aussi, y a-t-il lieu de renforcer les capacités de la société qui doit non seulement s’occuper de la distribution, mais aussi et surtout de la production de l’électricité. Et qu’au bout du processus, l’entreprise ne soit pas liquidée à l’image du Port autonome de Cotonou (Pac) qui apparaît aujourd’hui comme un monstre à deux têtes. Puisque là aussi de nombreux projets restent encore en souffrance au bon vouloir de l’autorité de tutelle. Or, l’actuel directeur général fait beaucoup d’efforts pour inscrire le port dans le registre des ports les plus performants de la sous-région. Ceci, grâce à plusieurs projets au nombre desquels se trouve la création d’un centre informatisé pour la gestion des camions poids lourds. La tutelle ne fait aucun effort pour accompagner ce projet dont la réalisation va créer plus de 50 emplois fixes au départ et environs 500 à long terme. Le projet est passé en Conseil des ministres, mais l’autorité de tutelle refuse, apprend-on de rédiger la lettre d’autorisation pour l’implantation et le démarrage des travaux dudit projet dont le coût de réalisation est estimé à 7 milliards de francs Cfa. A cela s’ajoute la lourdeur administrative qui minimise la chance de réalisation du projet. La question se pose alors de savoir si les ministres s’inscrivent-ils dans la dynamique du Changement, s’approprient le concept, s’adaptent à l’éthique du développement ainsi qu’au rythme du travail imprimé par le Premier Magistrat. Le phénomène devient de plus en plus récurent et préoccupant et n’épargne aucun ministère. Les projets subissent les affres de la lourdeur de l’administration publique et du non respect des engagements pris par chacun des ministres à leur entrée au gouvernement. Et dans le cas d’espèce, si le port n’était pas un monstre à deux têtes, il y a longtemps que les responsabilités auraient été situées.
Idelphonse Posset
Journal 24 HEURES AU BENIN 23/09/09
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