Malgré la levée de la détention préventive du maire de Dangbo :Yayi Boni maintient Clément Gnonlonfoun en prison

Publié le par MJPAC-ABT

En dépit du vice de procédure constaté par le tribunal pour demander la levée hier mercredi 23 septembre 2009 de la détention préventive du maire de Dangbo, rien n’a pu être fait dans ce sens. Clément Gnonlonfoun est toujours détenu à la prison civile de Porto-Novo au motif que le ministère public a, aussitôt après la décision du juge, interjeté appel sur injonction du gouvernement.
Le gouvernement semble se mêler à la décision prise hier, par le tribunal au sujet de l’affaire de détournement de deniers publics à Dangbo. C’est ce qu’il convient de constater après la levée non-respectée hier de la détention préventive du maire Clément Gnonlonfoun. En effet, face au vice de procédure dans la gestion du dossier de malversations et de détournements de deniers publics à la mairie de Dangbo, le tribunal était obligé de constater qu’il n’y a pas moyen de poursuivre Clément Gnonlonfoun. A moins de reprendre la procédure à zéro. Il était aussi possible d’interjeter appel. Dans ces conditions, la loi exige que la première décision soit entièrement exécutée. Simplement parce que l’appel n’est pas suspensif dans un Etat de droit. Une logique de droit et de démocratie qui n’a pas été prise en compte hier quand le maire Clément Gnonlonfoun a été conduit en prison pour les dernières formalités avant sa libération. Aussitôt descendu de la fourgonnette, les gendarmes l’ont conduit dans sa cellule après lui avoir signifié que le ministère public venait à peine d’interjeter appel. Sur instruction d’un responsable au sommet de l’Etat. Selon des sources crédibles, c’est aussitôt après le verdict que l’un des conseillers Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) de Dangbo a joint devant tout le monde un ministre du gouvernement pour lui présenter la situation. Ce conseiller se disait particulièrement déçu de la décision surtout que le maire Clément Gnonlonfoun a été libéré alors que la détention préventive de son chef de service administratif et financier devrait se poursuivre. Et avant que les signataires de la plainte contre le maire ne se retrouvent devant le Jardin des plantes et de la nature pour faire le point, l’appel du parquet a déjà pris effet. Le maire Clément Gnonlonfoun a été mis au courant. Pendant ce temps, les télévisions diffusaient abondamment la décision de sa mise en liberté avec les cris de joie des nombreux populations venues de Porto-Novo, d’Avrankou, d’Akpro-Missérété, de Dangbo, d’Adjohoun, de Kessounou, de Gogbo, de Tovè, de Gangban, de Bembé, de Mitro etc. Les autres qui n’ont pas eu droit aux images, se limitaient aux bandes passantes pour divulguer l’information sans savoir qu’elle a déjà évolué. Mais, avant l’un des avocats du prévenu, Me Saïdou Agbantou démontrait sur une chaîne de télévision que les plaignants pouvaient interjeter appel. Mais en leur place, c’est le parquet qui a agi.

Les Fcbe rusent avec la loi
Alors qu’on disait que le maire Clément Gnonlonfoun était retourné en prison pour les formalités d’usage avant sa mise en liberté, ses parents, amis, camarades du G 13 et hommes des médias ont attendu jusqu’au-delà de 18 heures devant la maison d’arrêt de Porto-Novo sans le voir sortir. A un moment donné, les éléments des forces de l’ordre entre temps devant le tribunal, ont repris position et ont intimé l’ordre à tout le monde de vider les lieux. Déjà en ce moment, certains soupçonnaient un coup. Mais tout le monde se fie à la décision de justice qui a tdémontré qu’il n’y a pas moyen de poursuivre Clément Gnonlonfoun au terme de la procédure enclenchée. Jusqu’à 20 heures, le maire de Dangbo ne sortait pas de la prison civile de Porto-Novo, ses téléphones portables sont hors tension et aucune visite n’est autorisée pour en savoir plus. C’est un peu après 20 heures qu’on apprend que sa détention doit se poursuivre et cette fois-ci en appel. Selon des consignes fermes du gouvernement que les populations accusaient déjà d’avoir pris partie pour un camp dans ce dossier. Les mêmes sources expliquent que la mise en accusation du maire Clément Gnonlonfoun était très attendue au sein des Fcbe après l’échec du processus de sa destitution. Pour en profiter pour lui reprendre la tête de la commune. Car une fois condamné, les 10 conseillers qui ont cherché en vain de le destituer pourront fort de leur majorité, facilement demander la convocation d’une session extraordinaire pour constater son indisponibilité et demander au préfet des départements de l’Ouémé et du Plateau les moyens pour le faire remplacer. Tous ces projets étaient tombés hier, quand le juge a rendu la décision de la levée de sa détention préventive. Un échec que ses adversaires n’ont pas digéré et ont dû solliciter le soutien gouvernemental pour passer à la vitesse supérieure. En profitant des arcanes du pouvoir pour le maintenir dans les liens de la détention grâce à un appel qui viole malheureusement les droits élémentaires du maire Clément Gnonlonfoun.

Les partisans de Gnonlonfoun face à la presse ce jour
Face à la situation, on apprend que les partisans du maire Gnonlonfoun pourraient faire une déclaration à la presse ce jour. Pour, dit-on fustiger le viol des textes fondamentaux du pays, l’ingérence de l’Exécutif dans les affaires de la justice et le non-respect des procédures judiciaires. A l’issue de la déclaration, les organisateurs projettent, dit-on, une marche gigantesque dans l’arrondissement central de Dangbo. Une plainte devrait être adressée aux sages de la Cour constitutionnelle pour montrer l’ampleur de la crise et l’avenir de la démocratie béninoise. Les maires de l’Ouémé et du Plateau qui ont pris deux avocats pour défendre leur collègue Clément Gnonlonfoun devraient aussi rendre public une déclaration commune. Après cette étape, ce serait, apprend-on des mêmes sources, les responsables des formations politiques de l’Union fait la Nation qui vont monter au créneau pour se faire également entendre.

Jean-Christophe Houngbo (Br.Ouémé/Plateau)
Journal LE MATINAL 24/09/09
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Publié dans Politique nationale

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