Relations internationales: Les difficultés diplomatiques du Bénin au grand jour (Seul le Togo soutient encore le Changement)

Publié le par MJPAC-ABT

Outre le Togo, le Bénin n’a plus la confiance des autres nations. C’est ce qu’il convient de retenir suite à l’échec du candidat béninois Nouréini Tidjani Serpos au poste du directeur général de l’Unesco où notre compatriote n’a recueilli que le suffrage du voisin de l’Est.
L’humiliation diplomatique qu’a connue le Bénin lors de l’élection du directeur général de l’Unesco interpelle tous les Béninois. Notre pays n’a pu recueillir que le suffrage du Togo. Ce qui théoriquement ne devrait pas être le cas dans la mesure où en toute logique, le Bénin devrait bénéficier tout au moins du soutien des Etats membres du Conseil de l’Entente (Bénin, Togo, Niger, Côte d’Ivoire, Burkina Faso), ni des Etats de l’Uemoa (Bénin, Burkina Faso, Togo, Niger, Mali, Sénégal, Cote d’Ivoire, la Guinée Bissau) encore moins de la Cedeao qui siègent au comité exécutif de l’Unesco. Même le président libyen le colonel Kadhafi que le président Boni Yayi a le plus visité en trois ans d’exercice du pouvoir n’a pu soutenir le Bénin. Une situation embarrassante qui confirme à ne point douter les difficultés diplomatiques du régime du Changement. Les tares du régime du Changement justifient en partie ce constat. Ainsi, après les reculs démocratiques et économiques, le Bénin vient de subir un cinglant échec diplomatique à cause de la précipitation, la navigation à vue voire la gestion émotionnelle des affaires publiques.

De l’amateurisme tous azimuts
Les raisons de l’échec du Bénin sont multiples. Il y a d’abord le manque de vision au vrai sens du terme et surtout l’entêtement de nos dirigeants. A vrai dire le régime du Changement n’avait jamais envisagé présenter un candidat au poste du Directeur Général de l’Unesco. Tout semble partir d’un ’’coup tête’’ et ce malgré le soutien de l’Union Africaine au candidat Egyptien. En de telle circonstance, la discipline diplomatique devrait obliger le Bénin à s’aligner sur la position de l’ensemble du continent. Comme, il est de tradition depuis avril 2006, le pouvoir en place a tenté un passage forcé en maintenant sa candidature. En outre, passant le mot d’ordre de l’organisation panafricaine, on a constaté par la suite que le gouvernement béninois ne s’est pas mis à la tâche pour accompagner au vrai sens du terme le candidat béninois Nouréini Tidjani Serpos avec des arguments convaincants. Par la suite, on a assisté à une mauvaise campagne sur toute la ligne. La délégation béninoise à Paris était pléthorique à tel point que certains compatriotes ont tôt fait de conclure qu’en réalité les nôtres étaient venus en ballade et en tourisme.

Le masque est tombé
La campagne du Bénin à Paris était sous plusieurs ordres. Ce qui a engendré un sérieux désordre et au lieu de repartir à l’assaut des délégués des pays membres du conseil exécutif de l’Unesco juste après le 1er tour, la délégation béninoise nourrie et logée au frais du contribuable se divisait et étalait au grand jour, ses divergences sur la conduite à tenir. Continuer ou se retirer ? La suite est connue.

Aujourd’hui le masque est tombé et des questions se posent sur l’usage qui a été fait des 250 millions F Cfa du contribuable béninois, le rôle joué par chaque membre de la délégation etc. Il urge que la Représentation nationale se saisisse de ce dossier afin d’éclaircir l’opinion nationale. Comme on peut le constater, la mouvance au pouvoir vient d’étaler au grand jour son incapacité à faire la promotion des cadres béninois dans les institutions internationales. Outre Nouréini Tidjani Serpos, très peu de ressortissants béninois occupent de haute fonction dans les institutions internationales.

Questions
A quoi servent alors les multiples voyages du chef de l’Etat dans la sous-région, en Afrique et partout dans le monde ? Le Bénin doit-il continuer de rendre visite ou de forcer l’amitié des Etats qui apparemment ne lui rendent pas la réciprocité ? Autrement dit, pourquoi c’est le Bénin qui court chaque fois vers les autres et non l’inverse ? Quels avantages diplomatiques notre pays a-t-il tiré des multiples voyages du chef de l’Etat depuis avril 2006 à ce jour ? C’est l’occasion ici de remercier la République du Togo qui a contre toute attente apporté son soutien au Bénin dans le cadre de l’élection du Directeur Général de l’Unesco.

Judicaël ZOHOUN
Journal 24 HEURES AU BENIN 24/09/09
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Publié dans Politique nationale

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