Processus de mise en place de la Lepi au Bénin: La société civile dénonce l’immixtion de la politique
Les derniers développements de l’actualité nationale inquiètent les observateurs de la vie politique nationale notamment la Société civile. Elle a saisi le creuset du lancement du rapport issu de l’atelier sur l’opérationnalité de la Lépi pour dénoncer l’immixtion de la politique dans la mise en place de la Lépi. C’était hier au Codiam de Cotonou.La conférence publique sur la dissémination du rapport général de l’atelier des experts sur l’opérationnalité de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) au Bénin qui s’est déroulée hier au Codiam de Cotonou a été une occasion pour les membres de la Société civile de revenir sur certains faits marquant de l’actualité. D’abord maître Zacharie Sambao, membre de l’Ong Droits de l’homme, paix et développement (Dhpd) a fait observer qu’il y a actuellement une sorte de démobilisation au sein de la Société civile, à cause du fait que les hommes politiques ont pris en otage la Lépi et en font leur affaire. La désignation des membres de la Commission politique de supervision (Cps) est émaillée d’irrégularité selon le représentant de l’Ong Dhpd. Aussi a-t-il reproché le silence coupable de la Cour constitutionnelle par rapport à la saisine du dossier. Les questions qui sont soulevées aujourd’hui pour évoquer les difficultés dans la mise en œuvre du processus de la Lépi relèvent de la mauvaise foi à en croire maître Zacharie Sambao.
Nécessité d’unifier les actions
Face aux derniers développements dans la mise en œuvre de la Lépi, les membres de la Société civile sont condamnés à fédérer leurs actions pour faire échec aux velléités des hommes politiques qui veulent prendre en otage tout le processus. Ils ont senti eux-mêmes la nécessité et le représentant de l’Ong Dhpd présent à la conférence publique l’a signifié clairement. « Social Watch, Arga et Fors-Lépi doivent rapidement se concerter pour définir la stratégie à mettre en œuvre dans les tout prochains jours », a-t-il martelé. L’atelier organisé en juin dernier a déjà identifié les goulots d’étranglement qui pourraient constituer des obstacles à la mise en place de la Lépi, mais l’atelier tirait vers sa fin quand les structures chargées de la confection de l’outil se mettaient en place. La suite c’est que les recommandations n’ont pas pu parvenir aux députés pour la correction des insuffisances dans la loi. Aujourd’hui, les masques tombent en ce qui concerne la mise en place de la Lépi, mais les organisations de la Société civile ne doivent pas se décourager comme l’a annoncé Joël Atayi Guèdègbé, président de l’Ong Nouvelle Ethique et membre de Fors Lépi. Léontine Idohou Konou, présidente de Rifonga Bénin exhorte ses pairs à s’armer moralement. « Quelque soit le résultat de la Cour, ne nous décourageons pas car le pouvoir c’est d’abord nous et les politiciens ne peuvent pas voter pour eux-mêmes », déclare Léontine Idohou Konou. Mais elle trouve nécessaire que le rapport soit vulgarisé afin d’informer toute la population béninoise surtout sur ce qui se passe à la Cps. L’heure n’est donc pas à la démobilisation.
Idelphonse Posset
Journal 24 HEURES AU BENIN 24/09/09
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