A propos des 250.000.000 de l’Unesco : Topanou entretient le flou
Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, porte parole du gouvernement a donné une conférence de presse hier dans les locaux de son institution. Il a abordé entre autres, le volet financier de la campagne de notre compatriote pour la course à la direction de l’Unesco. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il a été incapable de préciser la traçabilité des 250.000.000 de francs CFA du contribuable décaissés par le gouvernement de Boni Yayi pour soutenir Nouréïni Tidjani Serpos.Malgré sa volonté manifeste de noyer l’affaire Cen Sad, le régime du Changement est en train de couver une autre aussi nébuleuse, " l’ Unesco Gate ". C’est à croire que les hommes qui dirigent le Bénin depuis 2006 ont fait le serment de lier les noms des prestigieuses institutions africaine et onusienne aux différents scandales financiers qui les caractérisent.
Le 13 septembre 2009 sur la chaine de télévision Canal 3, le ministre Topanou, porte parole du gouvernement a annoncé que l’exécutif a décaissé 250.000.000 FCFA pour la campagne de Nouréïni Tidjani Serpos. Deux semaines après, le retrait polémique de la candidature du Bénin a délié les langues. Nous savons aujourd’hui que le candidat béninois n’a même pas reçu un kopeck de l’argent décaissé pour sa campagne.
Maintenant que cette affaire défraie la chronique, Topanou sans gêne, se donne le courage de nous jeter à la figure que l’argent a été remis au ministre des Affaires étrangères mais qu’il ignore quand et comment il a été décaissé.
Cela s’appelle ni plus ni moins de la comédie. Les Béninois ne sont pas des incultes. Si Topanou a balancé dans l’opinion le chiffre de 250.000.000 FCFA, il doit pouvoir nous dire l’usage que l’équipe gouvernementale en a fait. Soit Topanou cache la vérité au peuple soit il n’a pas accès à l’information gouvernementale et en sa qualité d’intellectuel, il doit déposer le tablier.Les Béninoises et Béninois ne doivent plus écouter ces dirigeants qui les méprisent. Le langage de Topanou hier est très détestable et il doit cesser de nous prendre pour des ignares.
Cependant, s’il y a un seul mérite à accorder à cette sortie stérile, c’est que nous savons de façon officielle que Nouréïni Tidjani Serpos n’a pas vu la couleur de l’argent et que c’est les gouvernants qui l’ont dépensé nébuleusement puisque jusqu’à présent, personne n’est en mesure de nous éclairer.
Le ministre d’Etat chargé de la Défense, Issifou Kogui N’douro, le ministre de l’Enseignement maternel et primaire, Félicien Chabi Zachari, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marie Ehouzou, l’ambassadeur du Bénin près la France, Albert Agossou sont interpellés. L’opinion veut savoir à quoi ont servi les 250.000.000 de francs CFA car, en matière de campagne, nous n’avons vu aucune action de soutien de la diplomatie béninoise en faveur de notre compatriote. Et que personne ne vienne nous raconter que la campagne béninoise a été discrète. Nous avons vu des premiers ministres et des ministres des Affaires étrangères d’autres pays se déplacer avec leur compatriote candidat.
L’exemple de la nouvelle directrice de l’Unesco Irina Bokova alors candidate, accompagnée du vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères de son pays, Ivaïlo Kalfin à Cotonou le 18 février 2009 pour solliciter le soutien du Bénin est éloquent.
Qu’on ne nous diffuse non plus nous les images des conférences de presse de Nouréïni Tidjani Serpos dans les hôtels parisiens. Là aussi, nous savons quel était le comportement peu courtois des officiels béninois à Paris.
Tout ce que les Béninois et le monde entier retiennent de la délégation inefficace conduite par Kogui N’douro à Paris, c’est sa médiocre prestation propagandiste en faveur du régime du Changement sur la chaîne Africa 24 alors qu’il était le chef de la mission envoyée à Paris pour la campagne de Tidjani Serpos.
De toutes les façons, l’affaire vient de commencer et d’après nos informations, l’équipe de campagne de Nouréïni Tidjani Serpos prépare activement une conférence de presse pour faire des déballages. Nous osons espérer qu’elle ne cèdera pas aux pressions.
Ecrit par Romain L. KIKI
Journal LE GRAND JOURNAL 25/09/09
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