L’honorable Louis Vlavonou sur l’émission " Cartes sur table ": Incertitudes sur le vote du budget de l’Etat

Publié le par MJPAC-ABT

Sans langue de bois, l’Honorable Louis Vlavonou du Madep a abordé les questions d’actualité sur l’émission " Cartes sur table ". Il s’agit entre autres du budget de l’Etat exercice 2010, des relations entre les alliances G4-Force-Clé et G13, la paix au Bénin et l’apparente oisiveté de la Haute cour de justice. Celui qui veut la paix n’oppose pas deux forces paramilitaires ou militaires.
Aucun vote n’a jamais été facile à l’Assemblée nationale. Et l’absence d’un collectif budgétaire, pense l’honorable Louis Vlavonou membre de la commission des finances à l’Assemblée nationale, constitue un écueil pour le vote du budget de l’Etat exercice 2009-2010. Pour la simple raison que les investissements effectués, les ressources internes et externes mobilisées sont complètement en deçà de ce qui était prévu. Il tient ces allégations des autorités portuaires et de la douane qui affirment que certaines recettes ont baissé. Alors qu’elles sont prévues pour quelque chose. " Lorsqu’on aurait débattu de beaucoup de choses au niveau du collectif budgétaire alors le terrain sera balisé " ajoute-t-il. Pour lui, le vote du budget 2010 serait difficile compte tenu d’un manque de recentrage de tous les projets et de ce qui était prévu au budget 2009. Quant au délai prévu pour le dépôt du collectif budgétaire, il pense que c’est une obligation et cela dépend surtout de son contenu. Ce serait plus une réorientation de crédits pour revoir l’ambition du gouvernement à la baisse. Car sur 400 milliards de ressources extérieures à mobiliser par le gouvernement, il ignore à combien il en est aujourd’hui. Idem pour les ressources internes. Somme toute, sur 1200 milliards prévus l’honorable Louis Vlavonou ne sait combien le gouvernement a pu mobiliser et en particulier le taux d’exécution de ce budget. Il se demande s’il n’y a pas de nouvelles dépenses comme le cas de la Cen-Sad et autres.

Les prises de position du G13 n’engagent pas forcément les chefs de partis
En ce qui concerne l’accord entre le G4 et Force-Clé, Louis Vlavonou estime que cette alliance est loin de toute utopie. Cet accord, loin de toute perfection selon ses propos a suivi un cheminement. Tout est parti du noyau dénommé Wologuèdè constitué des partis Psd, Madep et Rb pour aboutir à l’alliance Add. Dans un élan d’apprentissage à vivre ensemble, le Prd a rejoint cette alliance de partis d’où la naissance du G4 et enfin Force-Clé. Il pense que cette alliance, tout en grandissant, va éliminer les imperfections, raboter ce qu’il faut pour devenir plus sérieux. Contrairement à ces partis, le G13 est un groupe de députés à l’Assemblée nationale dont les prises de position n’engagent pas forcément les chefs de partis. " Le G4-Force-Clé ne peut pas signer un accord avec le G13 qui n’est qu’une modalité de fonctionnement de l’Assemblée nationale " affirme-t-il. Et pour cause. Une alliance avec les partis et un groupe parlementaire va biaiser le débat, à la limite le dévoyer. Toutefois, il précise que l’alliance G4-Force-Clé est ouverte à toutes les autres formations politiques. Quant à la candidature unique, Louis Vlavonou affirme que tout le monde est candidat potentiel. Même si certains font du dilatoire pour avoir de l’information. Il déclare que la question est en réflexion au sein de l’alliance. L’autre affabulation qu’il dément constitue le voyage des ténors de ces formations dans l’hexagone pour une pseudo signature. Car les présidents Nicéphore Soglo et Séfou Fagbohoun sont bel et bien au pays.

" Paix oui, mais paix factice non "
" On ne peut pas parler de paix sans aller au fond de ce qui fait qu’il n’y a pas la paix " indique l’honorable en parlant de la semaine de la paix, même s’il est d’accord pour le principe. Il faille examiner tous les contours de la question avant de parler d’un flambeau de la paix. Pour lui, le chef de l’Etat a la clef à cette question en tant que garant de la paix, conformément à son serment. Il ajoute que n’eût été la vigilance du peuple béninois, on ne serait pas là aujourd’hui à parler de paix car entre les actes et la parole, le fossé est grand. Il en veut pour preuve le remplacement de l’ex- directeur général de la douane Gilles Hounkpatin par James Sagbo qui a été installé par la force. Selon lui, les jeunes nouvellement formés ont le goût du risque. Mieux, que ce soit la police, la douane, la gendarmerie et l’armée de terre, tous ces corps paramilitaire et militaire ont reçu la même formation de base à Ouidah. Alors que ces jeunes s’opposaient à l’entrée de James Sagbo à la direction des douanes et droits indirects, le pouvoir a envoyé une autre équipe. " Nous avons les mêmes armes. Autant la police utilise les armes AK47, autant la douane utilise les AK47 " ajoute-t-il. Il confie qu’il eut fallu de peu pour que le coup éclate. " Imaginez vous un instant que la douane et la police se mettent à tirer entre elles. Alors que la douane est un peu partout et surtout aux frontières. Et cela va embraser le pays " souligne-t-il. Il conclut que celui qui veut la paix n’oppose pas deux forces paramilitaires ou militaires. Et ceci est un exemple parmi tant d’autres. Egalement membre de la Haute cour de justice, Louis Vlavonou atteste qu’avec ses pairs, ils se réunissent régulièrement pour faire des propositions d’amendement, de relecture des textes. Et bientôt les audiences blanches vont commencer. Il indique que c’est une cour politique, c’est pourquoi les décisions traînent. Surtout que la plus lourde tâche revient à une assemblée à géométrie variable du point de vue de la majorité des 2/3. A cet effet, les membres de la Haute cour de justice s’approprient les textes parallèlement aux experts pour proposer un texte qui n’est pas taillé sur mesure.

Charles YANSUNNU
Journal FRATERNITE 28/09/09
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Publié dans Politique nationale

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