Implication du pouvoir dans l’affaire-Gnonlounfoun: Le gouvernement jette le masque
La suite des événements dans l’affaire Clément Gnonlounfoun a révélé au grand jour les tares viscérales du gouvernement du président Boni Yayi. Aucune explication tendant à dire le contraire ne peut convaincre personne, même les militants les plus avérés des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Le retour en prison du maire de Dangbo, malgré la décision du juge de le mettre en liberté provisoire, en est la preuve palpable. Une simple démonstration des faits peut situer les uns et les autres. En effet, dans le langage juridique, le ministère public représente le Procureur de la République nommé par le ministre de la Justice dont il dépend directement. Ce membre du gouvernement est sous les ordres du chef de l’Etat. Suivant la chaîne, le Procureur de la République ne peut pas prendre une telle décision sans aviser son chef hiérarchique qu’est le garde des sceaux. De ce fait, il est aisé d’affirmer que c’est le gouvernement du président Boni Yayi qui a maintenu en détention l’opposant, Clément Gnonlonfoun. Pourquoi un tel acharnement contre un paisible citoyen ? Il faut noter que le mis en cause a eu le malheur d’être membre du Mouvement pour la démocratie et la solidarité (Mds), parti politique du premier questeur de l’Assemblée nationale, Sacca Fikara, farouchement opposé contre le régime du président Yayi. C’est pourquoi certains observateurs de la vie politique nationale soutiennent que Clément Gnonlounfoun porte la croix du président de sa formation politique qu’on veut enterrer politiquement dans la vallée de l’Ouémé. Et pour y arriver, il faut créer tous les ennuis à l’opposant pour lui arracher la mairie. Devant cette situation, c’est la démocratie béninoise qui est en danger. Depuis 2006, le régime actuel ne fait que multiplier des actes attentatoires à l’Etat de droit sans prendre conscience de ses conséquences. On ne parle plus de la démocratie béninoise comme un repère en Afrique depuis que le président Boni Yayi est arrivé au pouvoir. De jour en jour, la situation s’empire. Dommage !Cécile Agossa
Journal 24 HEURES AU BENIN 25/09/09
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