Boycott réussi de la semaine de la paix : Preuve de la solidité des G et F

Publié le par MJPAC-ABT

Les forces politiques de l’opposition par une correspondance datant du 18 septembre 2009 adressée au représentant du Pnud au Bénin se sont démarquées de la semaine de la paix initiée par le président de l’Assemblée nationale et le haut commissaire à la gouvernance concertée avec le soutien du Pnud dans le cadre de la journée internationale de la paix du 21 septembre 2009. Cette initiative prévue pour démarrer à Porto-Novo et prendre fin à Cotonou via certaines communes du Bénin a été une occasion pour les G et F de prouver leur solidité.
’’’’« Or, comme vous le savez vous-même, la première source des situations de tension et de trouble reste le Président de la République et son gouvernement. C’est le Président YAYI qui, par sa conception particulière du pouvoir, sa préférence pour les passages en force plutôt que le dialogue et la négociation, a porté ces dernières années, de rudes coups aux libertés publiques, à la bonne gouvernance, à l’esprit de paix et à la démocratie. C’est le régime du Président YAYI qui a multiplié les actes de provocation à l’égard des associations, des organisations non gouvernementales, des syndicats et des partis politiques.
Qui est responsable des sorties belliqueuses et injurieuses des ministres et autres thuriféraires du régime diffusées à longueur de meetings et de marches de soutien ? Qui est responsable de la caporalisation des organes de presse de service public qui servent de support à l’intoxication et pour discréditer constamment les acteurs politiques ayant des avis contraires à ceux du gouvernement ?

La volonté manifeste de contrôler à tout prix et de mettre sous coupe réglée les institutions de contre-pouvoir a conduit le gouvernement à s’écarter de la morale politique et des vertus démocratiques. L’Assemblée Nationale que le Président de la République a voulu transformer en une banale caisse de résonnance a fait et continue de faire l’objet d’une tentative de caporalisation.

La Cour constitutionnelle a également été victime de l’unilatéralisme, de l’absolutisme et de l’absence de fair play de l’équipe au pouvoir. En témoignent le passage en force et la précipitation qui ont caractérisé la nomination de ses membres, recrutés en violation de la loi, exclusivement parmi les plus actifs partisans du Président de la République. Tous ces actes ne sont rien d’autre que l’expression de l’intention du Président YAYI de réduire les sages de la Cour au silence afin de les rendre complice des forfaitures savamment planifiées, mais contre lesquelles notre peuple et sa classe politique restent vigilants.

Comment peut-on envisager la célébration de la Journée Internationale de la Paix et mettre en grande vedette le Président de la République, sans avoir à l’esprit la gestion catastrophique des élections municipales, la prise en otage des communes et la manipulation par voie contentieuse des résultats sortis des urnes ? Pourrait-on faire croire à notre peuple qu’est désormais homme de paix, un citoyen qui, bien qu’investi des plus hautes charges de la République, fait constamment obstruction et barrage à l’application de la loi ?

Madame le Représentant Résident, notre peuple n’a pas oublié quel fut le rôle prépondérant du Président de la République dans la non installation des conseils communaux et municipaux pourtant élus ?

Nous nous permettons simplement de vous rappeler que dans l’imaginaire et la conscience de ce peuple, le Président de la République est directement responsable des déviances, des tensions et des actes de violence électorale qui ont émaillé les législatives de mars 2007 et les élections municipales, communales et locales d’avril 2008. Ces deux élections, comme par hasard, sont organisées sous sa présidence. Elles sont, toute proportion gardée, les consultations électorales les plus violentes et les plus éprouvantes non seulement pour la démocratie, mais surtout pour l’unité de notre peuple et la paix dans notre pays. Car, en effet, plusieurs militants de partis opposés au gouvernement ont subi des pressions et harcèlements de tout genre, d’autres ont été injustement jetés en prison. Ailleurs, des élus ont été chassés à coup de bâtons par des pseudos contestataires montés, manipulés et alimentés en sous mains par les mêmes autorités chargées de veiller à l’application de la loi et au maintien de l’ordre publique. »’’’’

Ce sont là les raisons qui ont amené l’alliance G et F à prendre ses distances vis-à-vis de la semaine de la paix. A l’annonce de la démarcation, une certaine opinion était dubitative quand au respect effectif de cette position. Mais les opposants ont bien ciblé leur action. Les villes de Porto-Novo et de Cotonou ont été retenues pour marquer fortement le boycott. Porto Novo était retenue par les organisations de la manifestation pour abriter le lancement de la semaine de la paix et, Cotonou pour la clôturer avec la remise au chef de l’Etat du flambeau de la paix par les autorités municipales.

A Porto Novo, le boycott médiatisé des autorités de cette ville a provoqué un désintérêt des habitants pour la l’événement. Le maire qui devrait selon le programme initial recevoir le flambeau était absent de même que ses adjoints. C’était la première étape de la démarcation des G et F.

Six jours après Porto Novo, le flambeau de la paix est rentré hier à Cotonou après Abomey, Lokossa… pour être réceptionné par le chef de l’Etat. Le constat fait lors de la cérémonie de remise du flambeau hier au Palais des congrès vient renforcer la détermination des G et F. Alors que certains incrédules de la cohésion et de la solidité du collectif des partis de l’opposition s’attendaient à voir le maire de Cotonou ou son adjoint recevoir et transmettre le flambeau de la paix au chef de l’Etat, à leur place, c’est le maire d’Abomey Calavi qui a été sollicité pour se rendre à Cotonou et aider à sauver la face. Le président Soglo était absent et ne s’est pas fait représenté.

Cette attitude des G et F leur a permis d’atteindre leur objectif à savoir, éviter que le chef de l’Etat utilise l’aura du Pnud pour faire « une campagne promotionnelle des intentions pacifiques qu’il n’a pas ». Aussi est-elle une preuve de la cohésion et de la détermination de cette alliance à ne pas participer à des leurres du régime destinés de manipuler l’opinion.

Certainement que cela servira d’expérience au Pnud et à toutes les représentations des différentes organisations des Nations Unies au Bénin qui dorénavant, avant de poser des actes de cette nature devront concerter tous les protagonistes concernés.

Les populations d’Abomey Calavi n’ont pas vu le flambeau de paix contrairement aux populations des autres communes qu’il traversées. Leur maire s’est déplacé dans une autre commune, Cotonou pour recevoir sur le perron du Palais des congrès le flambeau des mains du maire de Lokossa. Conséquence du boycott des G et F.

Romain L. KIKI
Journal LE GRAND JOURNAL 28/09/09
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Publié dans Politique nationale

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