« Comme je le pense » Ni pain ni paix
Pourquoi très peu de Béninois ont-ils adhéré à la semaine de la paix organisée par le gouvernement du Changement de concert avec la communauté internationale ? Les Béninois ont été invités par le gouvernement du Changement au cours de la fameuse semaine de la paix qui vient de s’achever à enterrer du fumier au pied des rosiers. Cela devait être le signe de la matérialité d’un état de calme et de la paix au Bénin. Malheureusement, les Béninois ont boudé l’invitation.Cette situation analysée sous toutes les coutures, ne doit surprendre les observateurs avertis. Deux raisons pourraient expliquer cet état de chose. S’ils n’ont pas donné leur caution par rapport à cette initiative, c’est parce qu’ils sont affamés et dans le même temps ils ont été victimes des épines des rosiers du Changement.
Nos compatriotes ont boycotté la semaine de la paix parce que : " Ventre affamé n’a point d’oreille ". En effet, comment peut-on demander à un peuple englué dans une paupérisation déconcertante d’apporter et de donner par le fumier aux rosiers afin que ces derniers aient l’éclat et le parfum ? S’ils ont affiché leur désintérêt total, il ne pouvait en être autrement.
Depuis trois ans que le régime de Boni Yayi est aux commandes, le panier de la ménagère s’est érodé de manière drastique et le peuple végète dans la pauvreté. Il ne mange plus à satiété, ne se soigne plus correctement et est incapable d’envoyer ses enfants à l’école. Tout cela est dû à l’impéritie du gouvernement, une impéritie doublée d’une inexpérience, d’une incompétence dans la démarche de la mise en application des grands projets de développement. Comme le grenier du village est vide, les Béninois qui sont démoralisés ont refusé d’éviter d’être ni dupes ni la risée dans un faux spiritualisme.
Mais ce qui est encore paradoxal, il suffit de prendre les roses que le régime du Changement a voulues tendre aux Béninois durant cette semaine de la paix. Ces roses comportent des épines à cause de la division, du régionalisme et du tribalisme téléguidés par les responsables FCBE jusqu’au sommet de l’Etat.
Mieux, le climat social est vicié en raison du manque de neutralité qui gagne certains corps constitués et certaines institutions de la République. Comment dans ces conditions, peut-on demander aux Béninois de courir vers l’étrange jardin des roses à épines alors que le métayer effraye plus d’un et que les roses n’ont qu’une apparence trompeuse ? Devant des perspectives comme celles-ci, le peuple ne peut que trouver d’instinct affreux, l’organisation de cette semaine de la paix.
A un moment donné, même les oiseaux qui ont un nid, des grains en abondance à picorer ne dégoisent pas à toute heure. Pour des Béninois qui ont les pieds dans l’eau, qui ne savent pas si leurs enfants iront à l’école à la prochaine rentrée, qui ont le ventre creux sans oublier la qualité de la rose, tout cela ne suffit-il pas pour reléguer au second plan tout un symbole comme la semaine de la paix ?
Ecrit par Titus Folly
Journal LE GRAND JOURNAL 28/09/09
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