« Comme je le pense » Le cerf-volant du Changement
Aux premières pratiques du système et du pouvoir en place, les départements de l’Atacora/ Donga de même que d’autres, surtout ceux qui sont sous la coupole des G et F ne comptaient pas beaucoup pour Boni Yayi.Mais aujourd’hui, ils sont l’exemple vivant d’une considération inédite de la part des acteurs du Changement.
Ainsi, le chef de l’Etat ne fait que multiplier le redoublement des politesses cérémonieuses à l’endroit de cette région. Vendredi dernier, il a reçu le rapport de la conférence économique et sociale de ces départements. A cette occasion, il leur a promis qu’il en tiendra compte pour l’élaboration du prochain budget général de l’Etat. Bien avant cette ironie honorée, plusieurs délégations des localités de ces départements ont défilé au Palais de la Marina. Promesses d’un port sec, réhabilitation des anciennes sociétés d’Etat, routes et pistes rurales leur ont été faites.
Avec cette façon d’abandonner le cerf-volant, on a obligé ce département à trouver les lignes convergentes pour se rapprocher de l’épicentre. En la matière, le pouvoir actuel s’y est bien pris pour parvenir une fois encore à sa conception raffinée de la politique. Mais cela suffit-il pour masquer les douleurs de l’Atacora/ Donga qui ont été repêchés de cette façon après tant de circonstances monstrueuses ?
Au commencement du Changement, le brasseur des dividendes n’a jamais été orienté dans leur direction. En ce qui concerne les nominations, remuons le couteau dans la plaie. Au moment où elles battaient tous les records de convergence où seuls ceux qui émargeaient à la même chapelle politique FCBE puis UMPP, sans oublier les néo religieux, très peu de cadres de la Donga/Atacora étaient promus.
Dans la période, ces fils ont été victimes de la forme aigrie du renoncement en ce qui concerne la cohésion sociale. La patrouille politique de Boni Yayi a réussi à introduire la division jusque dans leurs entités territoriales et infra territoriales. La paix et la concorde sociale étaient ainsi en péril. Quant au développement infrastructurel, il a été reporté aux calendes grecques.
Mais par la force des choses, l’Atacora/Donga se sont retrouvés sur les pénéplaines du Changement à Tchaourou. Deux natifs de cette région consciemment pour l’un et inconsciemment pour l’autre en sont la cause. Il s’agit de Mathieu Kérékou et de Bio Tchané.
Alors que ces derniers travaillent pour dépiécer l’actuel style politique, Boni Yayi a davantage recours à la rhétorique et à l’appel au peuple. Mieux, la mise en œuvre d’un mode de légitimation de type charismatique a pris de l’ampleur là-bas.
Avec ce style politique vide qui déferle sur l’Atacora/ Donga, les objectifs de fascination seront plus en exergue qu’une volonté de développement.
Ecrit par Titus Folly
Journal LE GRAND JOURNAL 29/09/09
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