Audit des dettes non salariales : Des opérateurs craignent le rançonnement
La décision prise par le gouvernement de procéder à l’audit des dettes non salariales évaluées à ce jour à 106 milliards de FCFA inquiète nombre d’opérateurs économiques. Ils redoutent d’être dans un proche avenir, à nouveau l’objet de rançonnement sur des prestations déjà fournies.« Nous certifions que l’Etat vous doit 100 millions de F CFA mais avant, faites quelque chose… ». Ainsi paraphrasait un opérateur économique de la place qui ne doute pas d’entendre cette symphonie dans les tout prochains jours. Et de conclure que cette décision d’audit risque d’être une occasion rêvée pour les experts et autres collaborateurs du président de la République de faire leur beurre sur leur dos.
A l’instar de ce dernier, d’autres hommes d’affaires de notre pays sont inquiets par rapport à cet audit diligenté par le pouvoir en place. Ils ne savent pas à quel saint se vouer depuis vendredi dernier où, cette annonce a été faite par le gouvernement. Ce dernier veut procéder à l’audit des créances qui sont dues au secteur privé au titre des biens et services livrés à l’Etat.
Si apparemment, l’exécutif tente de rassurer le monde des affaires par son communiqué qui fait état de cette opération d’audit, les opérateurs économiques ne sont pas du tout rassurés. En effet, au regard de la pratique de rançonnement qui est en vogue dans notre administration, ils sont inquiets parce que la certification de leurs créances pourrait donner lieu à des chantages et autres pratiques malveillantes auxquels sont confrontés depuis des années les acteurs du monde des affaires.
Ils sont persuadés que rien ne sera si facile et que la fin de l’audit donnera lieu à un véritable parcours de combattant. A défaut de leur exiger des pourboires comme après l’adjudication, les hommes d’affaires redoutent qu’on leur demande à nouveau de certifier leurs créances. Une stratégie qui va obliger plus d’un à vouloir entrer en négociations avec les auditeurs par des manières dérobées.
Amêgny Lahamy
Journal LE GRAND JOURNAL 29/09/09
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