Finances publiques : Les raisons de la faillite
Les dernières observations du Fonds monétaire international démontrent à plus d’un titre que le gouvernement du président Boni Yayi a échoué quant à sa mission de gérer correctement les finances publiques. Comment en est-on arrivé là ?"Un pays phare, un pays bien gouverné, à économie prospère et compétitive, pour un changement de cap dans la politique économique…". Tel était le credo de Boni Yayi à sa prise de pouvoir. Malheureusement, entre les promesses et les actes, trois ans ont suffi pour constater que le financier développeur qui était capable de donner des secousses à la République, n’était qu’un banqueroutier.
Aujourd’hui, le bilan est là, le gouvernement de Changement a fait faillite. Plusieurs raisons selon des experts financiers béninois pourraient expliquer cet état de choses.
D’abord, il faut faire remarquer qu’il n’a pas pu mettre la bonne gouvernance au centre de sa gestion des affaires publiques. Cette bonne gouvernance fait référence à la transparence, à la responsabilité au triple plan politique, administratif et économique et à la promotion d’une culture de transparence dans la gestion des affaires. Mais, en trois ans, nombre de scandales et autres dossiers de mal gouvernance sans oublier les dépenses extrabudgétaires qui ont défrayé la chronique sont la preuve que la bonne gouvernance n’était pas un principe cardinal pour le régime du Changement. Ensuite, Boni Yayi n’a pas pu instaurer une administration au service du développement.
Cela devait permettre au régime actuel de mettre en exergue sa capacité à élaborer les bonnes politiques et à les mettre en œuvre. On peut citer l’accélération des réformes fiscales, financières et économiques sans oublier l’assainissement du système juridique et judiciaire …Dans une situation pareille, relever le défi de la compétitivité de l’économie s’avère impossible.
L’autre raison qui aurait conduire à la faillite du système financier de Boni Yayi, c’est son incapacité à assainir le cadre macroéconomique. En effet, le gouvernement n’a pas pu se saisir de la fiscalité et d’une meilleure allocation des dépenses publiques pour atteindre un certain nombre d’objectifs. On peut évoquer la non réalisation de la transition fiscale, la non instauration d’une fiscalité de développement, le renforcement de la stabilité et la surveillance de l’environnement macroéconomique interne et externe.
Il faut également signaler dans la galerie des causes qui ont conduit à la faillite économique et financière et ce à 18 mois de la fin de son mandat, la non diversification des ressources. La diversification pouvait passer par une économie de production de biens et une économie de services, au regard notamment de la position géographique du Bénin.
Il est à déplorer que l’exploit économique de ce régime ne se résume qu’à la récupération de l’escorte des véhicules d’occasion, escorte qu’il a d’ailleurs mal gérée alors qu’il fallait une grande insertion au marché mondial afin de relancer et de diversifier les exportations de biens et de services.
Conséquence, le régime de Yayi n’a pas pu mettre l’économie béninoise dans un cercle vertueux de croissance. Cette dernière pouvait lui permettre de renforcer le capital humain et améliorer l’environnement social. Surtout quand ces dernières années, les Béninois ont été confrontés à un malaise caractérisé par la détérioration de la qualité de vie et la non satisfaction des besoins essentiels de la population en vue de la réduction durable de la pauvreté.
Ecrit par Titus Folly
Journal LE GRAND JOURNAL 30/09/09
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