La rentrée de tous les dangers !
Les divers préalables pour une année scolaire apaisée, énoncés et repris en chœur par les enseignants et leurs syndicats laissent craindre le pire pour l’année scolaire qui commence. « La rentrée aura lieu », cette publicité devenue un nom commercial prend aujourd’hui tout son sens pour les ministères en charge de l’éducation, qui doivent au-delà de la reprise formelle des classes conduire l’année jusqu’à son terme.Depuis peu, la communication entre les différents acteurs et parties prenantes de l’éducation ne semble pas des plus aisée. La proximité de la présidentielle de 2011 ne peut qu’en ajouter à la confusion. Le gouvernement doit compter avec cette période propice à la surenchère avec les dérapages qui l’accompagnent. Les syndicats, on s’en doute, ne céderont en rien aux appels au patriotisme ou à la retenue.
On peut comprendre aujourd’hui que l’entrée en force des travailleurs dans la gestion du dossier Cen-Sad ne constitue qu’un avant-goût de la crise qui se profile à l’horizon. Malgré tout, les différentes parties doivent se garder d’en arriver à une année blanche. Personne n’y aura véritablement intérêt. D’abord le gouvernement qui aura perdu en crédibilité pour n’avoir su cerner les enjeux politiques et juguler la crise en amont.
De leur côté, les syndicats n’auront pas moins écorné leur image, eux par qui survient le scandale des années blanches.
A côté de ces deux acteurs, les parents comme les élèves demeurent les plus exposés comme les grands perdants dans les situations de crise. Les menaces de perturbation de l’année scolaire brandies par les syndicats ne peuvent qu’aviver les appréhensions des parents qui doivent, en ces temps de vaches maigres, se surpasser pour s’acquitter des frais de scolarité et acheter les fournitures scolaires.
En plus de ces combats individuels, il est temps que les parents d’élèves puissent se faire entendre dans le cadre des associations de parents d’élèves et peser de leur poids pour amener le gouvernement et les syndicats d’enseignants à garder les liens du dialogue et du compromis pour sauver l’année scolaire et l’école béninoise dans son ensemble. Les associations de parents d’élèves doivent devenir des partenaires à part entière du système éducatif. Elles peuvent s’investir davantage dans ce à quoi elles se sont jusqu’ici identifiées, c’est-à-dire l’amélioration des conditions de vie à l’école. Parallèlement, elles s’évertueront à servir de trait d’union entre les autres partenaires de l’école, notamment les enseignants et les ministères chargés de l’éducation.
Écrit par Philippe HADO
Journal NOUVELLE EXPRESSION 01/10/09
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