Rentrée scolaire 2009 – 2010 ce jour : Une reprise des classes sur fond de polémiques

Publié le par MJPAC-ABT

Aujourd’hui, jeudi 1er octobre 2009, la rentrée scolaire 2009-2010 doit démarrer sur toute l’étendue du territoire béninois. Mais on continue de se demander si elle sera apaisée à cause des nombreuses menaces qui continuent de planer. Si certains syndicats ont accepté sous réserve de la satisfaction de leurs revendications de renouer avec les activités académiques, le Synaprim de Paul Essè Iko appelle au boycott. Dans le même temps, la situation des établissements privés fermés par le gouvernement n’est pas encore clarifiée.
Écoliers, collégiens et lycéens doivent retrouver le chemin des classes ce jour, jeudi 1er octobre 2010, conformément à la décision du gouvernement du Bénin. Selon les dernières informations, la plupart des enseignants dont les dossiers de reversement sont encore bloqués au niveau des services du ministère du Travail et de la fonction publique viennent d’être démobilisés.
Ceux-ci, seraient prêts pour commencer les cours. Mais qu’est-ce-qui pourrait bien expliquer le revirement spectaculaire de cette catégorie d’enseignants qui a tant menacé ? Avec quelle manœuvre le gouvernement est-il parvenu à désamorcer la bombe de ces contractuels non reversés ? Il suffit de s’approcher des censeurs des lycées et collèges pour en savoir davantage.

En effet, face à leur engagement de boycotter et de paralyser les activités académiques, le régime, par le biais des autorités de tutelle des collèges, a instruit les censeurs des établissements publics à doubler les heures de travail à tous les enseignants qui sont actuellement dans la situation de non reversement.

Ce qui veut dire que contrairement aux neuf heures de cours dont ces derniers avaient droit les années passées, ils se verront accorder 18 heures de cours. Ce qui leur permet de gagner suffisamment d’argent.

Un tour dans certains collèges hier et les témoignages des concernés nous ont prouvés combien cette stratégie du pouvoir a marché. Car, recevant leur emploi du temps et se rendant compte du quota horaire à eux attribué, ceux-ci ont purement et simplement renoncé à leur décision qui était de boycotter la reprise des classes de ce jour.

Le véritable problème

Selon certains censeurs rencontrés par rapport à cette décision d’augmentation des heures de cours des contractuels dits « non reversés » et dont les dossiers de reversement continuent de souffrir au ministère du Travail et de la fonction publique, il n’y a encore aucun acte qui légalise cette décision du gouvernement.

C’est d’ailleurs ce pour quoi certains censeurs ont refusé d’octroyer directement les 18 heures. Ces derniers ont préféré accorder d’abord les neuf heures de cours tout en prenant le soin de confier les neuf restantes à d’autres vacataires, quitte à les rétrocéder si les autorités gouvernementales leur font parvenir l’acte qui doit accompagner cette décision qui est encore verbale.

A l’analyse de cette situation, il ressort clairement qu’il s’agit d’une manœuvre du régime en place pour démobiliser les mécontents pour que la rentrée ait effectivement lieu. Dans ce cas, les contractuels non reversés pourraient se voir définitivement arracher ces neuf supplémentaires. Aujourd’hui ceux-ci sont contents et ont lâché du lest.

Mais ils ne savent pas à quelle sauce ils seront mangés par le régime du Changement qui n’est pas prêt à assumer jusqu’au bout ses décisions. L’autre aspect que ne doivent oublier les enseignants concernés est la suite réservée à leurs dossiers de reversement.

Depuis trois ans de gestion du pouvoir, le régime en place a prouvé ses limites aux Béninoises et aux Béninois en ce sens que lorsqu’il parvient à une solution palliative, il ne songe plus à celle définitive.

Dans le cas d’espèce, les travailleurs du ministère du Travail et de la fonction publique sont en grève perlée depuis plus d’un semestre. Or, ce sont ces derniers qui doivent traiter les dossiers de reversement. Et comme un des responsables syndicaux de ce département l’a indiqué au cours d’une rencontre avec la presse, la pression des agents qui sont dans le cas de reversement va les aider et conduire les autorités à vite trouver une porte de sortie à la crise.

Voilà qu’aujourd’hui, les mêmes enseignants ont renoncé à la lutte à cause des prétendues neuf heures de cours supplémentaires. En tout cas, on attend de voir par rapport à cette affaire de reversement et d’augmentation des heures de cours.
Les promoteurs des établissements fermés doivent se détromper : Quel sera le sort des établissements fermés par le gouvernement alors que la rentrée devait commencer ce jour ?

Que doivent faire les enseignants et les parents qui ont leurs enfants dans ces collèges ? Et les promoteurs de ces établissements, jusqu’à quand doivent-ils attendre la réalisation de la promesse du chef de l’Etat qui a promis revoir sa décision ? Nombre de personnes se posent entre autres, ces questions aujourd’hui.

En effet, le Conseil des ministres du 15 juillet 2009 dernier avait décidé de fermer pour deux ans des établissements privés qui avaient fait preuve d’indélicatesse au cours de l’organisation des dernières sessions du Baccalauréat au Bénin. Suite à cette décision, les promoteurs de ces collèges épinglés ont rencontré le président de la République et se sont entretenus avec lui.

A leur sortie d’audience, ils ont déclaré que le chef de l’Etat leur a promis revenir sur sa décision. Mais jusqu’à ce jour où les écoles, lycées et collèges devaient rouvrir leurs portes, aucune décision en guise de mansuétude n’a été prise par le patron du Palais de la Marina, encore moins par un ministre en charge du secteur de l’éducation. Inquiets et fatigués d’attendre la réalisation de cette promesse non réalisée, plusieurs parents ont commencé par faire inscrire leurs enfants dans d’autres établissements. D’autres attendent la reprise réelle pour constater la fermeture effective de ces collèges avant de se décider.

Mais la grande interrogation est la perte des effectifs. Ce qui est sûr et certain, plusieurs élèves ont déjà porté leur choix sur d’autre établissement. Or, tout le monde sait que le rein des collèges privés, c’est l’effectif.

De facto, les promoteurs de ces établissements doivent se détromper. Car, même si le chef de l’Etat leur donne le quitus aujourd’hui, leurs entreprises sont déjà discréditées et les élèves sont déjà récupérés par d’autres établissements concurrents. Ainsi vont les promesses non tenues et le médecin après la mort sous le Changement de Boni Yayi.
Le Synaprim appelle au boycott

La rentrée scolaire de ce jour se passera sans Paul Essè Iko et les enseignants du primaire regroupés au sein du Synaprim. Le secrétaire général de ce syndicat a appelé au boycott de la reprise des classes le mercredi 30 septembre 2009 dernier.

Selon ce dernier, il n’y a pas de rentrée scolaire sans que le gouvernement ne satisfasse la totalité de leurs revendications. Cela se passait au moment où le Front d’action des trois ordres d’enseignement était en pourparler avec le chef de l’Etat, afin de trouver un consensus pour que la rentrée soit effective et sans perturbation.

À entendre le secrétaire général, Paul Essè Iko du Synaprim qui est en même temps le secrétaire général adjoint de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (CSTB), les actions de Anselme Amoussou et de son Front n’engagent pas du tout les syndiqués du Synaprim.

Pour montrer leur non solidarité et leur indignation quant à la manière dont le pouvoir est entrain de le traiter, avec la virulence qu’on lui connait, Essè Iko a annoncé une marche de protestation pour le mardi 6 octobre 2009 prochain à travers la ville de Cotonou.

Réalisé Hubert Hounwenou
Journal LE GRAND JOURNAL 01/10/09
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Publié dans Politique nationale

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