Nouvel article« Comme je le pense » Salubrité politique

Publié le par MJPAC-ABT

On était loin de s’imaginer qu’entre les ministres et les députés de la mouvance, il pouvait régner une atmosphère si viciée. Mais la réalité est là avec ce paradoxe fort où légitimité et légalité se regardent comme le chat de la gouttière et le chat sauvage.
En effet, sentant la descente aux enfers pour le vote du budget 2010 proche, et en fonction l’immensité du champ d’artichauts qui attend le gouvernement du Changement, son patron tente de mobiliser sa troupe de députés FCBE/ UMPP. Mais avant, la puissance réciproque de se nuire des différents clans de la mouvance s’est invitée avant-hier au huis clos.
Entre les princes accrédités près de son imperium et les honorables subsiste une question de légitimité. Celle-ci compterait, conclurait sur des arrières pensées et sur l’avenir des uns et des autres.
Les députés de la mouvance qui sont des élus, se sont à juste titre targués devant le chef de file d’avoir affronté le suffrage suite à un travail de longue haleine. Mais leur légitimité est mise à rude épreuve par des janissaires comme eux qui le soutiennent. Il s’agit des ministres qui n’ont pas tous de légitimité parce que n’ayant pas pris par l’Assemblée avant d’avoir eu la chance d’être nommés membres du gouvernement.
Plus nantis que les députés grâce à leur surface financière, ils n’hésitent sous le couvert de la campagne déguisée du président de la République à s’en prendre aux fiefs des autres. Ainsi les structures décentralisées qui ont servi de rampe de lancement aux députés dans un contexte de multi partisan, sont devenues des unités mobiles pour les ministres de Yayi.
Pour obliger le chef de l’Etat à canaliser l’ardeur politique de ses ministres avant de lui renvoyer l’ascenseur pour le prochain budget, il lui a été demandé dans le cadre d’une force d’interposition autant d’armes et d’âmes pour départager les uns et les autres dans cette croisade des laudateurs. Tâche difficile pour Boni Yayi qui en tant que juge et partie doit prendre son masque et ses fleurets pour cette grande œuvre de décrispation.
Par le passé, dans ces genres de situation, le chef au lieu d’arbitrer a toujours préféré la forme du renoncement.
La stratégie du patron de la mouvance depuis 2006 par rapport à sa famille politique consiste à ne pas se débarrasser de la possession de ce qui lui semble parfait. Quand il y a une opération dans laquelle où il a les dividendes, les opérants peuvent davantage se donner des coudes.
C’est pourquoi, on est au regret de dire aux députés de la mouvance que la joie avec laquelle ils envisagent cette perspective de cantonnement des forces est canaille. Comment exiger de Boni Yayi qui tire toutes les ficelles d’empêcher les ministres dans le cadre de l’action gouvernementale de servir de leurs éperons et se faire écouter des challengers qui croient à une étroite dépendance ?
Le reste n’est qu’un charme inassouvi pour politiciens qui donnent plus volontiers dans le passé à cause de leur présent intolérable sous la bannière de Boni Yayi.

Ecrit par Titus Folly
Journal LE GRAND JOURNAL 01/10/09
Publicité

Publié dans Politique nationale

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article