Présidentielle de 2011: Yayi fonde ses espoirs sur la diaspora
Après les sorties successives du chef de l’Etat dans les rues de Cotonou et dans les villes de l’intérieur du pays, les thuriféraires du régime du Changement ont décidé de mettre le cap de leurs opérations de charme sur la diaspora béninoise. Ils espèrent ainsi recueillir les suffrages des deux millions de Béninois vivant à l’étranger.« En 2011, seul le vote de la diaspora pourra nous aider à rattraper notre retard sur les G et Force Clé. Pour ce faire, nous devons aller vite pour contrer nos adversaires ». Ainsi s’exprimait un conseiller politique du Changement en marge de la cérémonie d’ouverture du symposium sur les transports maritimes démarré le lundi dernier à Cotonou. De cette assertion, il est aisé de conclure que la mouvance au pouvoir a changé son fusil d’épaule. Il n’est plus question de compter seulement sur les suffrages des Béninois de l’intérieur. A cet effet, certains consulats du Bénin sont déjà instruits pour que des dispositions soient prises en conséquence pour permettre aux deux millions de Béninois vivant à l’étranger de voter en 2011 et ce, malgré les incertitudes qui planent sur la réalisation de la Lépi. Ainsi, en France, le Consul général du Bénin Joseph V. Menard Pognon s’emploie t-il à tout mettre en œuvre dans ce sens. Dans une correspondance adressée à nos compatriotes, il les informait que « le chef de l’Etat a promulgué le 13 mai 2009, la loi n°2009-10 portant organisation de Recensement électoral national approfondi (Rena) et l’établissement de la Liste électorale permanente informatisée (Lepi). Pour votre information, j’ai l’honneur de vous faire parvenir copie du texte de cette loi tout en vous suggérant de vous appesantir sur le recensement des Béninois de l’extérieur qui est visé aux articles 3, 7 et 20, sous réserve des autres dispositions de ladite loi applicable à l’ensemble des citoyens béninois concernés ».
Une cause perdue d’avance
Qu’ils soient de la diaspora ou résidant au pays, les Béninois sont nombreux à être déçus par le régime du Changement. Il suffit de fréquenter les foras de discussion des Béninois sur Internet où de sillonner les rues des villes et campagnes du Bénin profond, pour se rendre compte de ce que dans leur grande majorité, les Béninois ne veulent plus du régime du Changement. Tel l’âne du Pape, ils n’attendent que le jour de l’élection présidentielle pour exprimer leur mécontentement. Un détour dans les marchés et autres places publiques permet de constater la misère des populations à l’ère du Changement. Insuffisance alimentaire, faible production agricole, fort taux de mortalité, chômage, délinquance juvénile, arnaque etc, constituent le lot quotidien de la misère des populations. Des difficultés auxquelles s’ajoutent la mal gouvernance généralisée et surtout les atteintes aux libertés individuelles et syndicales sans oublier les promesses démagogiques qui caractérisent le gouvernement du président Boni Yayi. Il est inutile de rappeler le climat des affaires au Bénin caractérisé par le harcèlement fiscal des opérateurs économiques. Une conjonction de facteurs qui, en l’espace de quelques mois, a hypothéqué les chances réelles de la Haute Autorité de rempiler en 2011.
Régler la crise intérieure
Le régime du Changement n’a pu trouver les voies et moyens pour régler la crise intérieure à laquelle il est confronté. Au contraire, il a laissé la situation se détériorer à tel point que ses adversaires politiques ont fini par se mettre en coalition contre lui. Or, contrairement à ce que les Cauris ignorent, la situation intérieure du pays se répercute sur la diaspora pour la simple raison que grâce aux nouvelles technologies, les Béninois de la diaspora sont régulièrement informés des réalités du pays. C’est dire que cette nouvelle stratégie des Cauris, dans l’espoir de faire gagner l’élection présidentielle de 2011 à leur champion, est perdue d’avance. Mais, au lieu d’y renoncer et de travailler sur le terrain pour essayer de remonter la pente, les thuriféraires du régime du Changement ont trouvé ce nouveau moyen pour s’octroyer des missions dont les factures sont souvent greffées sur les finances publiques au grand dam du contribuable béninois. Cette fois-ci, la mayonnaise ne prendra pas.
Judicaël ZOHOUN
Journal 24 HEURES AU BENIN 01/10/09
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