Exposition du canon à eau de la police nationale: Le pouvoir veut réprimer les mouvements de contestation
La police béninoise expose depuis un moment ces canons à eau. Il s’agit de camions spécialement conçus pour disperser les mouvements de contestation et divers mécontentements populaires. S’il est vrai que l’achat de ces engins a commencé il y a quelques années, des doutes subsistent sur l’opportunité de leur exposition dans le contexte sociopolitique actuel de notre pays.Dans la lignée du gaz lacrymogène, le canon à eau fait partie des nouveaux moyens dont dispose la police pour la dispersion des rassemblements. Son mode de fonctionnement consiste à propulser de l’eau en grande quantité et sous forte pression sur les manifestants afin d’empêcher leur progression. Qu’est ce qui justifie l’exposition en pleine ville de cet outil peu recommandé ? C’est bien là une question préoccupante car outre les mouvements de 1989, le Bénin n’est pas un pays de contestations populaires. En effet, depuis quelques jours, ces engins sont exposés dans la ville de Cotonou. L’un au niveau de la Socar à Akpakpa, l’autre en pleine ville. Or, les marches de protestation et diverses grèves des centrales syndicales depuis 1990 à ce jour ont toujours été pacifiques. En 20 années de démocratie, on a jamais connu des mouvements de cassure, de destruction de bien publics etc….
Les non-dits
La présence de cet engin dans notre pays, pose à long terme un problème de coût d’exploitation. A quoi bon d’acheter un équipement si on ne peut pas s’en servir ? Selon certains observateurs de la politique nationale, l’exposition de cet engin pourrait traduire les intentions réelles du régime du Changement : empêcher tous les mouvements de protestation. Ces derniers évoquent plusieurs faits, événements dont, l’interdiction de la marche des travailleurs contre la corruption suite à la publication du rapport de l’Ige sur la Cen-Sad, le refus de l’installation de certains conseils communaux, etc. Pour d’autres, cela traduit les représailles qu’encourt notre pays au lendemain du 06 avril 2011. On espère que les uns et les autres sauront raison garder pour « éviter au peuple des aventures aux lendemains incertains.
Judicaël ZOHOUN
Journal 24 HEURES AU BENIN 02/10/09
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