Suite désastreuse de la semaine de la paix: Yayi oublie le flambeau au Palais des congrès (La preuve qu’il n’y a jamais accordé d’importance)
Décidément, il faut croire que la semaine dédiée à la paix n’a pas été de tout repos pour le docteur Boni Yayi. Bien au contraire, ça a été la semaine de tous les dangers et de tous les affronts. C’est d’abord le maire de Porto-Novo qui a refusé ouvertement d’accepter de jouer le jeu de la transmission de flambeau de la paix. Pour lui, en plus du fait que le moment était mal approprié, il y avait que l’objet de toute cette débauche d’énergie, en total contradiction avec la réalité, ressemblait plus à du folklore, à de la distraction qu’à autre chose. Il n’était donc pas question selon Osséni Moukaram de se prêter à un quelconque jeu dont le but inavoué est de faire une opération de charme politique dans un environnement délétère et vicié par le pouvoir. Cette réaction a déclenché des contre -réactions du côté des pro-Yayi qui ont vu en cet acte du maire de Porto-Novo une injure à notre démocratie et surtout au climat du dialogue qui l’a toujours présidé. Les langues se sont alors plues à critiquer mais rien n’y fit. Le maire de Porto-Novo persista et signa. On en était alors aux prémices des déconvenues à venir du chef de l’Etat au cours de cette semaine dite de la paix. Par la suite une fois que la semaine a été lancée à Cotonou, c’est la bruyante absence de l’opposition qui s’est fait remarquer au cours des différentes cérémonies. A aucun colloque, à aucun séminaire, à aucune rencontre, l’ombre d’un opposant n’a été signalé. Attitude de défiance et de méfiance ouverte, démontraant au grand jour les malaises que connaît le Bénin politique sous le Gouvernement du Changement et le refus des autres acteurs de la classe politique de servir de faire valoir, de bêtes de foire. Ainsi se déroulait le deuxième couac de la semaine de la paix. Pour le troisième et avant dernier événement de cette fameuse semaine de la pais plutôt mouvementé, c’est encore le refus du maire président Nicéphore Dieudonné Soglo de prendre part à la cérémonie officielle de clôture et là, seul El Hadj Malèhossou officiellement Rb était venu doper le moral d’un Yayi en quête, à ce moment -là, d’un peu plus d’indulgence. Malgré cette présence, c’est plutôt les commentaires acerbes des journaux proches de l’opposition qui ont hanté les discussions. Mis sous autant de pressions, le président de la République aurait-il craqué lors de la cérémonie de clôture ? Toujours est-il que le symbole de la flamme de la paix est resté longtemps en rade au Palais des Congrès de Cotonou après que le chef de l’Etat et son protocole ont quitté les lieux. Boni Yayi avait simplement oublié de réclamer, en tant que gardien de cette nouvelle flamme pour la paix, de savoir ce que devenait la représentation physique de la paix. Ce n’est qu’après s’être ébranlé vers la Présidence de la République qui est à peine à une minute du lieu de la manifestation que le protocole s’est rendu compte que le symbole de la paix avait été laissé sur une table perdue du présidium de la cérémonie officiellement marquant la fermeture de la semaine de la paix. C’est donc sirène hurlante et la paix au ventre que ces fonctionnaires ont rué vers le Palais des Congrès car heureusement pour leur plus grand bonheur, l’objet de toutes ces agitations n’avait pas été repéré par quelques badauds en quête d’objets rares. Ce qu’il faut retenir principalement, c’est que Yayi lui-même est conscient qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans sa gouvernance. Et c que cette chose peut être une cause des critiques acerbes formulées à son encontre par l’opposition déclarée ou non. A dix huit mois de la prochaine échéance et dans un climat qui n’a rien d’apaisé, la démarche qui devrait sous-tendre les actions du chef de l’Etat devait réunir plus que diviser. Ce n’est hélas pas ce qui s’est passé la semaine de la paix.Eric Djangoun
Journal LE BENINOIS LIBERE 01/10/09
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