Des « opposants » au Fmi
Quelle mouche l’a piqué, ce Joannes Mongardini ? C’est assez osé de faire croire que les émergents gèrent mal les finances publiques. On croirait entendre les gloses des « G » et « F » sur l’incompétence du chauffeur du véhicule qui mériterait un retrait pur et simple du permis de conduire en 2011. Des dépassements budgétaires et des dépenses incontrôlées, de la part du porte-parole d’une mission du Fmi ? Un crime de lèse-compétence vis-à-vis de l’auteur de la théorisation de l’émergence virtuelle, docteur en économie de développement, président de son Etat ; un développeur infatigable comme aime le chanter ses aficionados. Pris en flagrant délit de navigation hasardeuse, de gestion clientéliste des ressources publiques, de choix économique compromettant pour l’avenir de tout un peuple. Le mythe en prend un sacré coup.La Marina avait voulu conjurer cette malheureuse salve. Une série d’opérations charme est d’ailleurs prévue comme à son habitude. D’abord l’injonction gouvernementale à une justification diligente de dizaines de milliards décaissés par la procédure exceptionnelle des ordres de paiement (Op). On est loin de l’abolition proclamée de cette pratique en début du mandat en avril 2006. Quelques années pour que la détermination d’éradiquer un phénomène se transforme en une accommodation opportuniste. Pauvre du Changement. Ensuite, une subite illumination du régime qui découvre que plusieurs milliards de dépenses, méritent d’être inventoriés au ministère de la Santé. Sans compter la campagne médiatique sur le dopage des capacités de recouvrement du trésor public qui aurait permis d’afficher un budget en croissance exponentielle. Bref ! le paradis à porter de main.
Les Béninois doivent une fière chandelle aux gars de la mission du Fmi pour avoir mis fin à une imposture qui n’a que trop duré. Ce n’était plus dans l’intérêt de personne de persévérer dans une gueule de bois diplomatique improductif. Avant la sonnette d’alarme de septembre 2009, le Fmi en a sonné d’autres peut-être moins directes et moins explicites. On se souvient du communiqué de 2007 qui réclamait le dégel des investissements publics. C’était déjà une manière de fustiger la croissance fictive affichée dans les statistiques alors que tout le monde sait que le gouvernement ne construisait plus de nouveaux hôpitaux, de nouvelles écoles, de pistes rurales ; ne forait plus de puits. Des privations imposées aux plus pauvres pendant qu’on multipliait les portefeuilles ministériels ; augmentait les salaires des ministres et des membres des institutions ; créaient des primes clientélistes ; des retraites dorées à travers la création d’institutions de prestige – haut commissariat à la gouvernance concertée, médiateur de la République, haut commissaire au pèlerinage. Des trucages sur le développement propice à des manipulations sur les chiffres, la croissance économique.
Visiblement, les fonctionnaires du Fmi n’en peuvent plus de jouer au chat qui poursuit la souris avec les dissimulateurs de la Marina. L’épisode de la privatisation de la Société nationale de la promotion agricole (Sonapra) révélateur de la ruse érigée en technique de gouvernance a fini par exaspérer les partenaires au développement. Adjugée à la veille de l’arrivée de la mission annuelle du Fmi, la société a été reprise en main par le gouvernement dès le départ de la délégation avant d’être réadjugée peu avant la mission suivante. Comment oublier la grande déception de la lutte contre la corruption ? Le docteur-président parcourt le monde à la recherche d’aide budgétaire directe alors que de considérables ressources tirées de l’escorte des véhicules d’occasion échappent au budget national. Le regroupement politique du chef de l’Etat est devenu une machine à blanchir les voleurs de deniers publics.
Joannes Mongardini est-il signataire du protocole d’Union du G4 et Force Clé ?
Rédigé le 30 septembre 2009
Arimi Choubadé
Journal LE NOKOUE 30/09/09
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