La barque du Changement tangue

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

Le régime du Changement dispose t-il d’une politique stratégique susceptible d’insuffler véritablement un nouveau souffle au développement de la République ? Si les premières heures de l’actuel régime avaient donné une lueur d’espoir aux Béninois, aujourd’hui les données semblent changées. Et pour cause. Le gouvernement du Dr Thomas Boni Yayi, compte tenu de sa politique d’effets d’annonce et de fuite en avant, peine à trouver la formule magique permettant de mettre le développement du pays sur les rails au point que la majorité de ses mandants ont fini par se désolidariser de sa politique de gouvernance. Une gouvernance qui bat de l’aile parce qu’au lieu de prendre le taureau par les cornes et nettoyer l’écurie d’Augias, l’apôtre du Changement a plutôt opté pour la promotion de la médiocrité où du moins, des gens qui sont plus ou moins impliqués dans des malversations. Malgré son apparence de booster la lutte contre la mal gouvernance et de restaurer l’autorité de l’Etat, les démons de l’économie nationale continuent leur basse activité. Après trois ans de règne terni par des mouvements sociaux tous azimuts et une crise politique sans précédent, les Béninois ont découvert le vrai Changement formule Yayi. Un Changement monté sur le régionalisme, l’ethnocentrisme, la corruption, l’impunité et le détournement de deniers publics. Ceci, au vu et au su de celui qui a réussi à donner une certaine confiance aux Béninois en ce qui concerne la mal gouvernance au sommet de l’Etat. Pour preuve, le scandale financier à la Sonapra et les propos régionalistes tenus par certains de ses collaborateurs et pas des moindres, objet d’interpellation de la Haute Autorité à l’Assemblée nationale. L’apathie du gouvernement du Changement ne s’arrête pas uniquement à ces actes. Les exemples sont légion. Il y a aussi les recrutements politiques cyniques qui portent l’estampille du régime en place. Toute chose qui irrite le peuple qui a confié les destinées du pays à l’ex président de la Banque ouest africaine de développement. Face à ce genre de gouvernance qui ne prend nullement en compte les préoccupations du peuple, comment voulez-vous que celui-ci ne s’en plaigne pas ? C’est pour manifester sa déception par rapport à la vision tronquée du Changement prôné par les actuels décideurs que le peuple a battu le macadam le jeudi 28 mai dernier aux côtés des leaders des forces coalisées de l’Union fait la nation. Ce faisant, il a manifesté son désespoir par rapport à ses attentes. Cependant, la question principale et même préoccupante est de savoir si les pseudos oiseaux rares pourront véritablement donner un coup d’accélérateur au développement du pays. Mais, à l’allure où vont les choses on est tenté de répondre par le négatif. Ils risquent de nous laisser là où ils nous ont retrouvés, dans l’abîme économique. Où aller maintenant ? Le peuple se trouve devant un dilemme. La seule solution qui s’offre à lui en ce moment est de chercher et de trouver les moins mauvais. 2011 n’est plus loin.

Journal 24 HEURES AU BENIN   09/06/09
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Publié dans Politique nationale

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