Activités de la commission parlementaire sur les microcrédits : Une vingtaine d’établissements écoutés confirment la politisation du programme
La commission parlementaire d’information et d’enquête chargée de vérifier la gestion du programme de microcrédit aux plus pauvres a repris ses activités au parlement. Hier, elle a écouté une vingtaine d’établissements partenaires techniques impliqués. Ceux-ci ont confirmé tout le mal qu’on dit de la gestion du programme sous le ministre Sakinatou.La commission Lodjou chargée de vérifier la gestion des milliards injectés dans le programme de microcrédit gouvernemental a auditionné un échantillon de 20 établissements partenaires du ministère en charge dudit programme. Sur 200 établissements inventoriés, la commission a choisi, selon des critères jusque là inconnus, cet échantillon de structures financières qui mettent en place les crédits. De sources proches de la commission, on apprend que certains représentants d’établissements écoutés hier n’ont pas été du dos de la cuillère pour dénoncer la politisation à outrance du programme. Ils reprochent surtout au ministère une sélection hasardeuse des établissements partenaires. Puisque beaucoup d’établissements de microcrédits sans expérience aucune ont été retenus. La date de naissance de certains de ces établissements remonte à la période de lancement du programme. Ce qui a favorisé du coup les pratiques sordides, le copinage et la sélection partisane des bénéficiaires à la base.
Le phénomène de marraines qui ne sont rien d’autres que les femmes d’affaires ou fonctionnaires proches du gouvernement ou militants de Fcbe a été encouragé par ces structures non agréées ou sans expérience montées de toutes pièces par des politiques. Cette pratique a créé, selon les professionnels de microcrédits, les charges supplémentaires aux bénéficiaires. Par ailleurs, d’autres structures de microcrédits ont vu le jour sous le couvert de certains pasteurs ou carrément avec la complicité de certaines églises pour le seul but de financer uniquement leurs fidèles.
Conséquence, beaucoup de marraines ont reçu, grâce à la pression des politiques, les microcrédits de 30 000 f cfa proportionnellement à la liste des bénéficiaires dressée. Ceux fonds ne sont pas allés aux vrais bénéficiaires. Aussi ont –ils témoigné que certains établissements ont fait normalement les recouvrements mais ont déclaré le contraire dans l’intention de bénéficier des 5% de couverture d’impayés prévu dans les cahiers de charges. Ces révélations confirment à plusieurs égards les allégations formulées contre la gestion de ce programme. Ce sont là des signes évidents d’un rapport accablant qui ne fera que noircir le bilan régime du changement par rapport à ce programme.
Tobi P. Ahlonsou (Corresp Ouémé/Plateau)
Journal LA PRESSE DU JOUR 03/07/09
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