Présidentielles de 2011 : « Le chef de l’Etat ne sera pas au rendez-vous », rapporte Laurent Mètongnon
La marche programmée depuis le 10 juillet 2009 par les travailleurs, sous la direction de la Cstb, de la Csa-Bénin, de la Cosi-Bénin et de la Fesyntra-Finances, à laquelle ont inconditionnellement adhéré hier la Cgtb et l’Unstb, n’aura pas connu le succès escompté. Cependant, on dirait que celle-ci n’aurait pas été plus animée, si les instructions n’avaient pas été données pour interdire la manifestation. Tout compte fait, il est ressorti du sit-in qui a eu lieu hier dans l’enceinte de la bourse du travail, des révélations que le temps nous permettra de vérifier. La première vient unanimement des responsables syndicaux que le chef de l’Etat avait reçus en audience il y a quelques mois. Gaston Azoua de la Cstb et Laurent Mètongnon de la Fesyntra-Finances ont été plus affirmatifs hier mardi, quand ils rapportaient que le président Boni Yayi a confirmé qu’il ne sera pas candidat en 2011. Demi-vérité ou pure stratégie politicienne du premier magistrat du pays ? Difficile de préciser pour l’heure le nombre de citoyens qui pourront avaler cette couleuvre, encore qu’il est de notoriété au Bénin que la démission n’est pas une culture nationale. Pour ceux qui continuent de croire aux promesses en politique, point n’est besoin de dire que celle-là, sans anesthésie, semble vouloir endormir le chat qui vient de se réveiller. Encore que ce sont à des citoyens d’une démocratique relativement mûre que le message est adressé. L’autre chose, c’est que le chef de l’Etat aurait encore dit « qu’il mettra la barre haute à son successeur en 2011 ». Qu’est-ce à dire ? Selon Azoua, cela traduit la volonté manifeste du président de la république à compliquer les données de gouvernance à celui qui viendra en 2011 occuper le fauteuil qu’il a hérité du Général Kérékou en 2006. Questions de concordance logique : est-ce pour cela qu’il faut dès lors refuser des marches qui dénoncent la mauvaise gestion au sommet de l’Etat ? Cette répression va-t-elle se poursuivre pour masquer ce que l’autre a appelé une complicité établie ? 2011 n’est plus loin et croisons les doigts pour ne pas faire dédire.Dénis Magnidet
Journal LA PRESSE DU JOUR 22/07/09
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