La démocratie en danger !

Publié le par ABDOULAYE BIO TCHANE

La conférence nationale des forces vives de la nation a pris la résolution d’engager le pays sur la voie démocratique compte tenu de l’enlisement de la crise politique version Mathieu Kérékou I. Ainsi, depuis 1990 à avril 2006, le Bénin était cité en exemple parmi les Etats démocratiques du monde. Les classements de Reporters sans frontière faisaient également envier la démocratie béninoise. Mais contre toute attente, le régime auquel les Béninois dans leur grande majorité ont confié les affaires de la République, met tout en œuvre pour saboter les principes démocratiques fièrement entretenus avant son avènement. Une situation qui se traduit par l’interdiction des marches de protestation du Nep Mixalodo et des travailleurs, au moment où des marches de soutien sont organisées de façon cyclique sur l’étendue du territoire national à l’intention du chef de l’Etat. Un comportement qui laisse présager d’un embrasement aussi inutile que regrettable. En vérité, l’hypocrisie qui caractérise la gestion courante des affaires de la République en ce moment met à néant les principes fondamentaux de la démocratie. Crimes économiques et crimes contre la démocratie sont les faits à l’initiative du chantre du Changement et bassement exécutés par ses collaborateurs sur le territoire béninois au nom de la présidentielle 2011. Le président Boni Yayi, fossoyeur des plus élémentaires principes fondamentaux de la démocratie et des droits de l’homme, puisque c’est en son nom que des aberrations sont prononcées, devient ipso facto, le premier responsable (c’est à lui que le peuple a confié à 75% ses destinées) de l’entreprise scandaleuse menée par son entourage contre les intérêts du Bénin. Comment expliquer le bâillonnement de la liberté d’expression dans un pays démocratique et les errements de certains acteurs politiques à instaurer dans le pays un régime totalitaire ? Le comportement paraît si aberrant qu’on se demande ce que le peuple a fait pour mériter ce traitement. A-t-il tort d’avoir fait confiance à un régime qui n’a pas été à la hauteur de la mission ? Un régime qui est au cœur d’une gestion scabreuse des affaires de la cité ? Loin d’être un démocrate, on constate au fur et à mesure qu’on s’approche des consultations électorales de 2011 qu’on a affaire à un régime fasciste en toute puissance qui excelle au jour le jour en mettant en œuvre ses pratiques lugubres. Au lieu de condamner avec la dernière rigueur cet état de choses, des voix hypocrites s’élèvent pour applaudir cette forfaiture. Nous avons vu des pyromanes périr eux-mêmes dans le brasier qu’ils ont entretenu ou fait entretenir. Nous avons vu à la télévision des images cauchemardesque. Nous avons entendu des témoignages inimaginables de la part de nombreux ressortissants des pays ayant connu des embrasements aussi inutiles que regrettables. Face à toutes ces expériences atroces vécues par d’autres autour de nous, avons-nous quelque intérêt à cautionner, soutenir ou induire des actes visant à faire du Bénin, un autre foyer de tension en Afrique ? Les uns et les autres doivent savoir raison gardée pour la bonne marche de la démocratie.

Journal 24 HEURES AU BENIN  22/07/09
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Publié dans Politique nationale

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