Entretien avec Lavenir Sagbohan :« Avec le mouvement « Gbénonkpo » de Gbèdan, la FCBE s'est fragilisée dans Sèmè-Podji »
Suite à la création du mouvement « Gbénonkpo » dans la commune de Sèmè-Podji par le maire Mathias Gbèdan, Lavenir Sagbohan, président de l’Association de développement d’Ekpè, une personnalité politique influente de la commune, a bien voulu décrypter ce saut dans l’inconnu du mouvement « Gbénonkpo.Grand Journal : Samedi dernier, le maire Gbèdan a mis sur les fonts baptismaux un mouvement dénommé « Gbénonkpo ». Vos impressions ?
Lavenir SAGBOHAN : Après la naissance de ce mouvement, c’est un sentiment de désolation et de regret total. D’abord, cet acte que le maire Mathias Gbèdan vient de poser est comme un pétard mouillé. Par le passé, cet homme a œuvré pour la division des filles et fils de notre chère localité pour se hisser au sommet de la commune. C’est lui qui se présente aujourd’hui comme le messie de Sèmè-Podji. Il a dit qu’il est parti du PRD avec plusieurs militants de cette formation politique. Ce qui est faux. Car, nous étions avec lui sur la même liste lors des dernières élections communales et locales.
En effet, lors des campagnes dans la commune et dans l’arrondissement d’Ekpè en particulier, les sages n’ont cessé de nous dire qu’en dépit de notre dextérité à enraciner le parti PRD et de notre dévouement pour les œuvres sociales, ils ne nous accorderons pas leur suffrage à cause du Mathias Gbèdan qui est sur la liste. C’est cela qui a été à la base de l’échec de notre liste dans l’arrondissement d’Ekpè.
Pourquoi Gbêdan est-il vomi dans Semè ?
Au cours de son premier mandat comme maire de notre commune, non seulement il a fait preuve de mauvaise gestion mais aussi et surtout, il a divisé les filles et fils de Sèmè-Podji. Je ne veux pour preuve que les conditions dans lesquelles l’Association de développement d’Ekpè a été créée. En effet, il m’avait invité pour assister à la cérémonie. Mais lorsque la population m’avait vu, elle a porté son choix sur ma modeste personne pour présider ladite association de développement.
Mais le maire Gbèdan avait déploré le fait que je sois désigné comme président. Le plan qu’il avait voulu exécuter avait été déjoué par les populations. Au cours de ce premier mandat, il s’est enrichi au moment où les populations vivent dans la misère. Autant de choses à lui reprochées de telle sorte que c’est notre parti le PRD qui en a subi les conséquences. Malgré cette prise de position, nous avions obtenu la majorité des conseillers lors des dernières élections. Et pour suivre la voix du peuple, il ne devait plus être maire. C’est ce qui a fait qu’il a rejoint la FCBE qui lui est encore hostile.
Aujourd’hui, il est vrai qu’il a créé un mouvement. Mais il fallait être là le samedi dernier pour voir la réalité des choses. Yayi n’a pas besoin des gens comme Gbèdan pour l’accompagner.
Et pourtant le samedi dernier il y avait du monde à la cérémonie ! Oui, nous connaissons très bien la stratégie mise en place par Mathias Gbèdan pour tromper la vigilance des gens. Lorsque vous regardez bien ceux qui étaient présents à la manifestation, ce n’est rien d’autre que des militants FCBE. On a vu des gens qui ont été colportés d’ailleurs juste pour sauver la face. C’est une manœuvre qu’il a mise sur pied pour faire croire au président Yayi qu’il maîtrise la commune. Ce qui n’est qu’une grande duperie.
En effet, même au sein des militants FCBE qui ont effectué le déplacement, il y avait des mécontents. Certains l’ont même dénoncé et ont rendu le chef de l’Etat responsable du fait que Mathias Gbèdan est entrain d’affaiblir leur alliance par ses agissements qu’ils ne peuvent pas accepter. Le président Yayi doit savoir que Gbèdan est comme un indésirable dans son marigot. Il doit se réveiller pour l’écarter s’il tient à la survie de son alliance dans la localité.
Ce qui est davantage regrettable, c’est que depuis que ce mouvement est mis sur pieds, plusieurs jeunes militants PRD d’Ekpè et des autres arrondissements de la commune sont venus personnellement nous dire que le maire veut créer un mouvement et est entrain de faire pression sur eux. Il a en vain tenté de les débaucher pour tromper le chef de l’Etat. Voilà la triste réalité que nous vivons.
Dans son discours à la cérémonie de lancement de son mouvement, il a fait croire que le président Houngbédji n’a plus d’avenir en politique. Il se trompe. Dans moins de 20 mois, il verra la réalité indéniable en face. L’histoire nous donnera à coup sûr raison. Il a oublié que c’est le président Houngbédji qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui. Gbèdan a oublié que c’est lui qui a tout mis en œuvre pour faire partir l’honorable André Koukoui du PRD pour bien se positionner dans la commune.
Certains pensent que la mouvance présidentielle a le vent en poupe à Sèmè-Podji actuellement. Qu’en dites-vous ?
Vous savez, lorsqu’on est au pouvoir, on pense qu’on a toutes les forces et on s’agite. Faites un sondage dans la commune pour voir si réellement la FCBE est plus accueillie ou a plus de militants que le PRD ? Je défie quiconque. C’est parce que les gens ne voulaient plus de Gbèdan qu’ils sont allés se réfugiér dans la FCBE pour le combattre. Tout le monde le sait et Gbèdan lui-même en est conscient. Aujourd’hui, ils sont nombreux à regretter leur départ de leur parti de souche. Et d’ailleurs, nombre de ceux-là qui avaient rejoint la mouvance reviennent déjà.
La commune de Sèmè-Podji a un passé politique qu’on ne peut ignorer aujourd’hui. L’histoire est là et les réalités du terrain sont également là. Les gens s’agitent parce qu’ils sont au pouvoir. Vous avez vu comment ils ont acheté des conseillers pour avoir la mairie. Le peuple n’est pas dupe. Lors de l’installation des conseillers des villages vous avez vu comment le PRD a raflé tout.
Cela veut dire que s’il n’y avait pas eu de traitrise et de malhonnêteté de la part du maire Gbèdan, le PRD ne perdrait pas la mairie. Moi, je sais que la population de Sèmè-Podji est composée des gens honnêtes qui savent faire la part des choses, à l’exception de Gbèdan. Dans moins de deux ans, nous irons aux législatives et à la présidentielle et vous verrez la sincérité et la fidélité des filles et fils de notre zone par rapport à leur parti de souche auquel ils demeurent attachés.
Contrairement à ce que les gens pensent, le PRD est bien implanté à Sèmè-Podji. Et nous nous battrons pour que le PRD maintienne le cap dans Sèmè-Podji. Nous attendons de voir si Gbèdan, tel qu’il se proclame chasse gardée de la mouvance dans la commune, pourra nous dicter sa loi en 2011. Nous verrons s’il a vraiment la magie pour dessoucher nos militants. D’ailleurs, il a montré ses limites samedi dernier dans ce sens-là. Je vous dis qu’avec le mouvement « Gbénonkpo » de Gbèdan, la FCBE se fragilise déjà dans Sèmè-Podji.
C’est parce qu’il n’est pas bien loti dans la FCBE qu’il a créé « Gbénonkpo » dont je connais le bureau directeur dans lequel il y a son fils. Ceux qui avaient rejoint FCBE à cause de Gbèdan et qui ont été trahi par le chef de l’Etat, n’ont pas fini de penser leur plaie quand subitement, en voulant ravir la vedette aux vrais membres de cette formation politique, Gbèdan est allé créer son mouvement. Vous entendez les militants FCBE dire tous les jours qu’ils ne veulent plus de Gbèdan. Il y a des tapages et les microcrédits qu’ils agitent dans l’intension de détourner nos militants. Mais ils sont bien enracinés et bien outillés pour éviter les pièges. Le parti au pouvoir n’a pas une base solide dans la commune de Sèmè-Podji.
Avez-vous un appel a lancé aux populations de la commune de Sèmè-Podji ?
J’exhorte tous les habitants de la commune de Sèmè-Podji à la sérénité. Je les connais pour leur dévouement au côté du Parti du renouveau démocratique. Qu’ils se calment. Le maire Gbèdan a une échéance après laquelle ils auront à démontrer à la face du monde que ce dernier ne maîtrise pas Sèmè-Podji, et qu’en dehors du PRD, il ne pèse qu’une brindille dans la localité.
Journal LE GRAND JOURNAL 23/07/09
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