Du folklore autour de la paix
« La paix n’est pas un vain mot. C’est un comportement », a dit l’ancien président ivoirien, Félix Houphouët Boigny. Il veut dire clairement que c’est dans les actes quotidiens que les uns et les autres posent chaque jour qu’il y a la paix ou non. Hier au Palais des congrès en présence du chef de l’Etat, on n’a fait que faire de la philosophie autour de la paix. La preuve est qu’aucune résolution n’a été adoptée pour suivre les attitudes des uns et des autres dans les jours à venir. Tout ce qui a été dit est du déjà. Mais, pour que cette semaine de la paix puisse avoir réellement des effets, les discours devraient s’adresser au gouvernement et à son chef qui menacent quotidiennement la paix et la démocratie depuis 2006 par leurs attitudes. La paix, c’est d’abord le droit à la différence. Ce principe a été toujours respecté dans ce pays, car les forces politiques s’affrontaient dans la convivialité. Ce n’est pas pour rien que la Renaissance du Bénin (Rb), le Parti du renouveau démocratique (Prd), le Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (Madep), le Parti social-démocrate (Psd), Force Clé et consorts qui étaient des adversaires farouches hier se retrouvent dans le même camp contre les dérives du régime du Changement. Aujourd’hui, il suffit d’être opposant aux autorités actuelles du pays pour être dans l’œil du cyclone. L’exemple du maire de Dangbo en prison depuis quelques jours en est une illustration incontestable. Dans ces conditions, il y aura des frustrations qui aboutiront aux violences de toutes sortes. De même, la paix suppose la bonne gouvernance qui passe obligatoirement par la lutte contre la corruption, le clientélisme et autres. Sous le régime du Changement, la mauvaise gestion des affaires d’Etat est devenue la chose la mieux partagée. Ce qui fait qu’on est dans un système où les corrompus et corrupteurs sont promus et ont droit de cité. C’est dire que ce gouvernement pose des actes attentatoires à la paix quotidiennement. Dès lors, il faut souligner que l’absence de la guerre dans un pays comme le Bénin n’est pas synonyme de paix. La communauté internationale devrait rappeler à l’ordre le pouvoir en place pour qu’il arrête ses actes anti-démocratiques, car sans la démocratie, il n’y a pas la paix ni le développement.Cécile Agossa
Journal 24 HEURES AU BENIN 28/09/09
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